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religion , puisqu’ils veulent que l’on tolère, dans l’État, toutes lesreligions. C’est ainsi que l’on raisonnoit dans le seizième siècle. J’aipeur que , dans le dix-neuvième , il ne nous reste encore des rai-sonneurs de cette force. O malheur de l’esprit humain ! quoi ! sides frères sont brouillés, chercher à les raccommoder, est-ce doncun crime envers eux ? Jean de Serres en fît l’épreuve. Il avoitcomposé un grand nombre d’ouvrages. Il alloit publier un Théâti'edu Languedoc , dont les États de la Province avoient senti l’uti-lité. Son Inventaire de VHistoire de France fut, pendant très-long-temps , le seul ouvrage élémentaire où l’on pût prendre desnotions de notre histoire. Sa traduction de Platon en latin, immor-talisée par les presses à?Henri Etienne ^ a de bonnes parties, etsur-tout d’excellens sommaires. Il avoit ouvert la lice où se signaladepuis le grand Amauld , en composant plusieurs volumes sous letitre d’ Anti-Jésuite. Cependant tout ce qui le concerne est ignoré.Koenig fait de ce Jean de Serres trois personnages différens.On ne sait précisément où, ni quand il est né, ni de qui il étoit fils.Aucun biographe n’en a parlé en connoissance de cause. Ceux quien ont parlé l’ont traité avec dureté , à l’exception de Prosper Marchand , qui a rassemblé, sur son compte, des notes curieusesdans son Dictionnaire historique , mais qui n’a pu suppléer quetrès-imparfaitement au silence des autres dictionnaires et au défautdes monumens contemporains.
Nous sommes bien moins avancés pour Olivier de Serres .Il n’a pas même eu l’avantage de trouver un Prosper Marchand .Aucun de nos dictionnaires ne lui a consacré un article de quelqueslignes ; car ces lexicographes, qui enregistrent les grands hommes ,compilant au hasard des anecdotes hasardées , ou bien enflantleurs catalogues de noms indifférens , que l’on n’y cherche point,ne savent souvent pas les noms vraiment recommandables que l’ons’attend à y trouver.