ruraulac de Pierre de Crescens , ni la traduction des Vingt journéesd’Agriculture dé Augustin G allô , par ce Belle-forest, qui gâtoittout ce qu’il touchoit $ ni même la Maison Rustique de Charles Etienne et Jcan Liébault, quoique supérieure aux autres ; aucun deces ouvrages , dis-je , ne pouvoit diriger l’économie rurale . Étienneet Liébault étoient deux savans médecins ; ce n’étoient pas desagronomes. Aussi, compilent-ils, sans choix, les auteurs anciens.Ils ne donnent rien de précis sur les mûriers , ni sur la soie, parcequ’ils n’en ont rien trouvé chez les Grecs ni chez les Romains.Ils parlent de la poule d’Inde, récemment venue en Europe ; maisce don des Jésuites leur est suspect, ou peu connu. Pour eux , lachair du paon vaut mieux que celle du dindon. Ils n’ont aucuneidée des prairies artificielles , sans lesquelles , pourtant, il n’y apoint d’agriculture. Ils ne peuvent citer aucune expérience. Enfin ,la crudité du style rend cet ouvrage insoutenable.
Il n’en est pas ainsi de celui d’OuviER $ il emprunte desanciens ce qu’ils ont d’estimable, mais sans épouser leurs erreurs.Sur les mûriers, les vers à soie, il donne des détails qui lui appar-tiennent en propre. Sur ce point, il n’a eu personne à copier, etl’a été par tout le monde. Une se trompe point sur les dindons , lescanes d’Inde , et ne leur en veut point de ce qu’ils ont été , pournous , un fruit des missions. Il a parlé de la luzerne, quoiqu’il setrompe sur le nom. Il a créé celui des prairies artificielles j ainsidonc , le mot de l’énigrne de la prospérité rurale , c’est lui quil’a trouvé. On sent , à chaque page , qu’il avoit mis la main àl’œuvre , avant de la mettre à la plume. Il avoit saisi son sujet,dans les champs et sur le papier 5 et il étoit en droit de nous dire,aussi bien que l’auteur des Essais , son contemporain : « C’est iciun livre de bonne foi, lecteur ! » ( Montaigne , Essais. )
Nous avons déjà fait sentir combien il étoit en avance sur leslumières de son siècle. Non seulement c’est le premier , commenous l’avons observé , qui ait traité disertement de la pomme de