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Tome I.
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XLIII
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DOLIVIER DE SERRES . xliij

ruraulac de Pierre de Crescens , ni la traduction des Vingt journéesdAgriculture Augustin G allô , par ce Belle-forest, qui gâtoittout ce quil touchoit $ ni même la Maison Rustique de Charles Etienne et Jcan Liébault, quoique supérieure aux autres ; aucun deces ouvrages , dis-je , ne pouvoit diriger léconomie rurale . Étienneet Liébault étoient deux savans médecins ; ce nétoient pas desagronomes. Aussi, compilent-ils, sans choix, les auteurs anciens.Ils ne donnent rien de précis sur les mûriers , ni sur la soie, parcequils nen ont rien trouvé chez les Grecs ni chez les Romains.Ils parlent de la poule dInde, récemment venue en Europe ; maisce don des Jésuites leur est suspect, ou peu connu. Pour eux , lachair du paon vaut mieux que celle du dindon. Ils nont aucuneidée des prairies artificielles , sans lesquelles , pourtant, il ny apoint dagriculture. Ils ne peuvent citer aucune expérience. Enfin ,la crudité du style rend cet ouvrage insoutenable.

Il nen est pas ainsi de celui dOuviER $ il emprunte desanciens ce quils ont destimable, mais sans épouser leurs erreurs.Sur les mûriers, les vers à soie, il donne des détails qui lui appar-tiennent en propre. Sur ce point, il na eu personne à copier, etla été par tout le monde. Une se trompe point sur les dindons , lescanes dInde , et ne leur en veut point de ce quils ont été , pournous , un fruit des missions. Il a parlé de la luzerne, quoiquil setrompe sur le nom. Il a créé celui des prairies artificielles j ainsidonc , le mot de lénigrne de la prospérité rurale , cest lui quila trouvé. On sent , à chaque page , quil avoit mis la main àlœuvre , avant de la mettre à la plume. Il avoit saisi son sujet,dans les champs et sur le papier 5 et il étoit en droit de nous dire,aussi bien que lauteur des Essais , son contemporain : « Cest iciun livre de bonne foi, lecteur ! » ( Montaigne , Essais. )

Nous avons déjà fait sentir combien il étoit en avance sur leslumières de son siècle. Non seulement cest le premier , commenous lavons observé , qui ait traité disertement de la pomme de