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ÉLOGE
terre. Le mays, tout aussi nouveau, ne lui étoit pas inconnu. Ilparle très-pertinemment, et à plusieurs reprises, du houblon ,qui ne commença d’être usité , en Angleterre , qu’en i54o , lors-qu’ÛLiviER étoit. bien jeune. Ailleurs, il nous apprer.d qu’aumoment où il écrivoit, il n’y avoit pas fort long-temps qu’une autreplante très-utile, la betterave, avoit été apportée d’Italie (LieuVI,chapitre VII).
C’est lui qui nous instruit encore des tentatives faites pour éleverla canne à sucre , que l’on croyoit alors, comme il le dit lui-même ,pouvoir domestiquer en Fi'ance (Lieu VI, chapitre XXVI). UnItalien ( Balbani ) avoit fait à Paris de nouvelles citernes, sansmaçonnerie , ni ciment ; Olivier va les voir, et il a soin de lesdécrire (Lieu VII, chapitre V). Richier de Reileval, chargé parHenri IV de former de nouveau le jardin botanique de l’Universitéde Montpellier, avoit fourni l’idée d’une montagne artificielle,pour y placer toutes les plantes dans l’aspect le plus favorable.Olivier étudie cette espèce d’amphithéâtre, et il en donne lesdessins (Lieu VI , chapitre XV). Tout son livre est rempli dedétails de ce genre : toute nouveauté agricole étoit de son ressort 5c’est une espèce de prodige qu’un écrivain agronomique , si com-plètement au courant, dans un temps où l’on sait que les commu-nications étoient difficiles et rares. Il n’y avoit point de journaux ;presque pas de chemins publics , et la guerre civile avoit tout dé-sorganisé. Pour composer, à cette époque , dans un coin du Bas-Vivarais, le Théâtre d’Agriculture , où presque rien n’est oublié,il falloit une tête bien extraordinaire. Quel dommage , je le répète,que nous n’ayons pas de mémoires plus détaillés et plus certains ,sur la vie et sur les travaux d’un tel homme , qui, pour le zèle,la théorie et la pratique, fut incontestablement le premier labou-reur du temps où il vivoit ; qui éleva , en même temps , une familleassez nombreuse, et qui est encore aujourd’hui considéré commele père de notre agriculture !