D 7 OLIVIER DE SERRES.
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Malgré mes soins et mes recherches , je désespérois , Citoyens ,de trouver la matière de l’Eloge historique , dont je m’applaudissoisd’abord que la rédaction m’eût été confiée. Je disois, comme Bayle,au sujet de son Jeaîi de Serres : et Ne trouverai-je donc ni livre,ni homme vivant, qui puisse m’informer, au juste, de ce que jevoudrois savoir ? » Dans cette disposition , je m’étois proposé derelii’e en entier, pour la troisième fois, le Théâtre d’Agriculture ,avec les deux autres ouvrages de notre célèbre Olivier , sur LaCueillette de la Soye , et sur La seconde Richesse , ou l’Escorcedu Meurier-blaîic, afin d’y recueillir minutieusement tous les traitspar lesquels l’auteur auroit pu se peindre lui-même. On ne sauroitdouter qu’il n’ait eu ce dessein. Le père de famille, qu’Or iviermet en scène dans le cours de son grand ouvrage , est supposé unhomme d’une certaine aisance, qui a été bien élevé , et qui faitvaloir son domaine par les mains de ses serviteurs , sous son ins-pection. C’est ainsi qu’OciviER se présente dans sa préface :« adonné principalement chez lui à faire son mesnage et cultivant» sa terre , au milieu des guerres civiles , comme le temps l’a puporter. >> Il est extrêmement probable qu’il a suivi la même idéedans tout le reste de son livre. Cette remarque ingénieuse est deM. Dorthès ; elle m’encourageoit à reprendre le livre, en le consi-dérant comme un drame où l’auteur figure 5 mais en ouvrant, dansce dessein, le Théâtre d*Agriculture, j’ai trouvé tout - à - coup , aucommencement du volume, ce qui ne in’avoit point frappé jus-qu’alors , ce que tant d’autres , avant moi, ont cherché sans succès ,et ce qui va faire sur vous la même impression que j’ai reçue moi-même : c’est un éloge magnifique, un éloge contemporain de notreexcellent Olivier j c’est une belle épître en grands vers hexa-mètres , qui lui est adressée par un de ses compatriotes , et qui lemontre , en quelque sorte, dans son intérieur. Cette épitre nous ledétaille d’une manière si parfaite , que j’ai cru , Citoyens , ne pouvoirmieux répondre à vos intentions , qu’en essayant de mettre ces vers