É P I T R E
SEIGNEUR DU PRADEL,
SUR SON THÉÂTRE D’AGRICULTURE;
Imité F, sur-tout de l’Épître en vers hexamètres latins, qui lui futadressée par François de CHALENDAR , Lieutenant - Généralde la Sénéchaussée du Bas - Vivarais , à Villeneuve - de - Berg ,pendant les vacances de l’an 1 5pp.
Toi, qui de l’âge d’or nous as montré les moeurs,Quand du siècle de fer nous voyions les horreurs;Lorsque la France entière, en d’horribles batailles,Des mains de ses enfans décliiroit ses entrailles ;
Toi qui, dans ton Pradel, paisiblement caché,
A cultiver tes champs demeuras attaché ;
Vénérable vieillard, ami de la nature,
Honneur du Languedoc et de l’Agriculture,
De Serres! tu construis, sous les loix d’un bon roi,Un théâtre immortel pour le monde et pour toi.
La science agricole, en France dédaignée,
A l’aveugle routine étoit abandonnée:
Tout se réunissoit, hélas ! pour l’avilir ;
Mais tu viens l’éclairer, et tu vas l’ennoblir.
La solide raison, la longue expérience ,
Contractant, sous ta plume, une heureuse alliance,T’ont, du premier des arts, dicté les élémens.
Non, le monde n’a point de plus grands monumens.