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ÉLOGE
Nîmes, aux voyageurs , montre en vain ses arènes,
Derniers restes du goût et des grandeurs romaines.
L’immense amphithéâtre, à Vérone admiré,
Et le vaste colosse, à Rhodes consacré,
Et des rives du Nil les hautes pyramides,
Tout, du temps destructeur, sent les coups homicides:
Tout meurt ; mais un écrit, utile au genre humain ,
Dure plus que le fer, et le marbre, et l’airain.
De S erres! oui, tel est le titre de ta gloire!
Oui, la postérité, juste envers ta mémoire,
Te rendra des honneurs, dont l’éclat immortelFera, dans tous les temps, refleurir ton Pradel.
Les épis de Cérès, les doux fruits de Pomone,
Les grappes de Bacchus formeront ta couronne ;
Tant que le sol françois doit être labouré,
Autant chez les François tu dois être honoré.
Des étrangers aussi tu recevras l’hommage.
Tous les amis des champs, révérant ton image,
S’ils veulent obtenir d’abondantes moissons,
Reliront ton ouvrage, et suivront tes leçons.
J’ignore si ton siècle, aux talens peu propice ,
S’illustrera lui-même en te rendant justice ;
Mais, du moins , j’en suis sûr , le prix de tes vertusTe sera décerné, quand tu ne seras plus.
S i, pourtant, d’un ami qui déjà t’apprécie ,
Tu ne dédaignes pas la juste prophétie ,
Daigne accueillir ces vers, qu’en dépit d’Apollon ,
M’inspira le désir de célébrer ton nom ,
En ces momens trop courts, où reste suspendueDans l’antre de Thémis la chicane assidue.
D’un peuple de cliens je ne suis plus pressé ;
Mais des gloses du droit mon esprit émousséNe peut, comme il voudroit , dans un repos si rare,
Secouer du barreau la poussière barbare.
Toi,