xlix
Toi, vieillard fortuné , plus sage dans ton choix,
De la terre et du ciel interprétant les loix,
Précepteur des colons de notre Occitanie ,
Tu dis comment leur soc se guide et se manie jTu diriges leur art, qui n’est bien professéQu’autant qu’à ton exemple on l’a bien exercé.
Tu montres dans quel temps , pour les rendre fertiles ,
Le fer retranche aux ceps les sarmens inutiles.
Le père de famille , et tous ses serviteursConducteurs de ses chars, ouvriers , ou pasteurs,Apprendront désormais de ta longue pratiqueLes mystères sacrés du ménage rustique ;
Comment les boeufs au joug sont mieux accoutumés ;
Comment les fiers coursiers doivent être formés ;
Comment ces compagnons de nos travaux péniblesSont nourris par nos soins, et s’y montrent sensibles ;Comment, de tous leurs maux , nous pouvons les guérir.L’homme est riche par eux ; il doit les secourir.
De Serres, dis-moi donc: Quand d’un style énergiqueTu traces l’abrégé du code géorgique,
Est-ce un mortel qui par le, ou , comme à nos areux,
Osiris seroit-il renvoyé par les Dieux ?
Serois-tu , par miracle , un nouveau Triptolême ,
Ou quelqu’autre Cadmus , dont le talent suprêmeFait connoître aux humains, rassemblés à sa voix,
Les guérets , les jardins , et les prés , et les bois ?
Mais qu’avons-nous besoin de recourir aux fables?
De nos premiers parens les moeurs furent semblables :
Le patriarche hébreu fit paître ses troupeaux,
S’abreuva de leur lait, se vêtit de leurs peaux.
Toujours le goût des champs fut le goût d’un grand homme.
Et ces Pères conscrits, ces oracles de Rome ,
Eux, qui du peuple-roi guidoient les étendarts,
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