Band 
Tome I.
Seite
LXXVI
JPEG-Download
 

Ixxvj

PIECES RELATIVES

Voici lextrait fidèle des Histoires de dAu-bigné ( liv. I, cliap. xi), intitulé : Guerre relevéeen Languedoc j et à la marge : cia la ixxm

« Villeneufve auVivarets coustaplus de peine» à avoir. Logières lavoit saisie quelque temps» auparavant. Le capitaine Baron qui y commaii-» doit, sestoit retiré à Mirabel, entre les mains» dun gentilhomme, nommé Pradelles , son ami,

» par le moyen duquel il fut mis dans St.-Privât.

» Les fugitifs de Villeneufve voyoient tous les» jours de Mirabel en hors leur patrie , ce qui» les empeschoit encore plus de loublier. Entre33 ceux-, un soldat, serrurier, ayant averti Pra-

déliés que si on vouloit il emporteroit à Vifle->3 neufve une grille pareille à celle de Nismes ,33 celafit rappellerBaron, quiapportoit force dif-33 ficultés à laffaire, et entrautres quils nepour-33 roient battre cette garnison , quand mesme33 ils seroient dedans , quavec grand nombre ;33 comme aussi Pradelles lincita à son bien ,33 plus que son bien mesme. Il fallut, pour avoir33 des hommes , communiquer avec ceux dAu-33 benas. De ceux-, quelques faux frères aver-33 tirent Logières. Voilà quand et quand à Ville -33 neufve la garnison renforcée , les gardes dou-33 blées , et Logières qui passoit les nuits sur33 la courtine. Au commencement de Mars , les33 forces dAubenas et Baron (pressé par Pra-33 déliés ) se rendent à Mirabel, ce qui ne se put33 faire avec tel secret que Logières ne fût averti33 quoique faussement plusieurs fois ; et tant33 quil tint ce dernier avis encore pour une baye.33 Toutesfois, pour accomplir tous les points de33 son devoir, il fait fermer les portes de bonne33 heure , mettre du feu aux fenestres , de leau33 aux huis, doubler encore les gardes , met en>3 divers endroits sentinelles perdues , fournit33 le courridour de routes et les rues de pa-33 trouilles. Et par ainsi, les entrepreneurs fail-33 loient, sils neussent failli ; et la froideur de33 Baron acheva lentreprise; car on ly traisnoit à33 lescorche-cul, et pourtant il cerchoit toutes33 les difficultés et longueurs quil pouvoitinven-33 ter. Peut-estre que la peur quil a voit eue à la33 prise na voit pas fait encore son oppération.33 Pradelles remporté et par son désir et autho-33 rité, contraignit lautre à laisser marcher, mais

33 si tard pour les traisneries de Baron, quils33 narrivèrent quau jour. Cestoit lorsque Lo-33 gières et les capitaines , lassez de veiller ,33 sestoient jettez sur des lits. Le serrurier donc33 marche à la grille quil avoit élochée aupara-33 vant, larrache et entre le premier. Les com-33 pagnons qui le suivirent mettent en pièces le33 premier corps-de-garde, presque tous endor-33 mis. Une partie court par la ville, crians : ville33 gaignée. Les autres vont, à coups de hache ,33 ouvrir les portes au gros. Quelques soldats33 qui se rallioient à Logières , mettent le feu33 au canon qui estoit sur le rempart, et en tirent33 plusieurs coups. Nonobstant, tout entre , et33 tuent tout ce quils trouvent en armes parmi33 les rues ; parmi ceux-, force prestres qui33 estoient venus à leur synode. Ceux- furent33 sauvez , qui se jettèrentavec le gouverneur en33 sa maison fortifiée . Quelques soldats aussi se33 sauvèrent dans la tour dune porte etauclo-33 cher. Tout se rendit dans trois jours ; et par33 ce gain , ils joignirent Lagorse et Saunas ; le33 chemin du Vivarets à Nismes fut net, et en-33 core y eut de la communication aux Sevenes ,33 dedans lesquels rien navoit branlé pour la33 Saint-Barthélemi. 33 (Tome II, page 6o. )

Voilà tout ce que jai trouvé dans l 'Histoirede dAubigné-, il ne dit nullement que ce gentil-homme, Pradelles , fût le même qui fit, depuis ,le Théâtre dAgriculture : ainsi , je persistetoujours à croire que ce nest point lui ( voyezce que jai dit au commencement de lEloge,ci-devant, page xxj ) ; mais quand même ce se-roit lui , dans le fait ainsi raconté, il ny a plusrien qui linculpe, et qui répugne à ce quon saitdailleurs précisément du caractère modéré et delesprit paisible qui lanima toute sa vie. CétoitBaron qui commandoit , et qui, seul, pouvoitêtre responsable des désordres commis par sessoldats dans cette attaque , dont le capitainePradelles , quel que fût ce dernier, navoit faitque donner lidée et hâter lexécution.

Au surplus, la Notice du C. La Boissière madonné lieu de faire beaucoupdautres recherches.On doit ce respect au public, de ne rien épar-gner pour découvrir la vérité dans les moindresdétails. Jai trouvé peu de résultats ; mais ceuxqui suivent serviront à prouver mon exactitude.