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Tome I.
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LXXXVI
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essai: historique

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servant même de mousses , <de menues branches darbres résineux et coni-fères ( 1 ) , etc. En sommes nous plus avancés dans ces diverses branchesdéconomie rurale ? Commentt profiteroit-on des connoissances venues de loin,quand on néglige ce quil y a die bon chez ses voisins? Dans le nord de la France ,la Hollande, lAngleterre, on se sert généralement de ce quon appelle la tuileflamande : a-t-on seulement essayé den comparer lusage à celui des tuilescreuses ou plates employées dams les autres Départemens? La pince à arracher leschardons est un instrument supérieur au sarcloir ; pourquoi nest-elle employée,jusquà présent, que dans quelques communes de la ci-devant Normandie ( 2 )?

Arrieta , Herrera, Castelllnou, et dautres écrivains , se sont récriés contrelattelage des boeufs au joug, quils regardent comme un acte de cruauté : ilssoutiennent que les ligatures exerçant une compression douloureuse sur le frontde lanimal, il en résulte quaiu milieu des tourmens il dépense ses forces plusvite et avec moins de profit. Ce;s réflexions, dictées par lhumanité et léconomie,ont-elles détruit un usage blâimable ?

Mais le plus grand obstacle ;aux progrès de lagriculture ancienne et moderne,fut le mépris dont elle se trouv/a frappée par labandon exclusif quon en fit auxesclaves , puis aux serfs de lai glèbe. Après avoir avili les individus , on avilitlindustrie et la terre. 11 est éttrange que dans lenseignement religieux on aitconservé lexpression dœuvrees serviles , puisque la religion a tant fait pourhonorer le travail, affranchiir les hommes, et les rappeler à leur dignitéprimitive.

Constantin déclara libres touis les esclaves qui embrasseroient le christianisme.De Cairol prétend que la saineî politique condamne cette mesure, et que le décretde Constantin nous a produit ces mendians vigoureux , hardis et fainéans, quiinfestent diverses contrées de lEurope (3) : il sest abstenu prudemment dendéduire les preuves. Autant vaiudroit, comme le père Barre et Linguet, assu-rer que lesclavage est un moyœn de civilisation et de bonheur.

Il faut que la propriété et le;s produits de la terre soient libres, pour la faireprospérer. Lestimable Malouiet avoue que lagriculture ne sest perfectionnéeenEurope, que par la destructiion du servage qui, substitué à lancien esclavage,en avoit prolongé les effets désastreux ; et cest de-, dit-il, que date la préé-minence de cette partie du momde (4)- Ailleurs , cependant, il prétend que lesColonies ne peuvent être cultiwées par des blancs. On seroit effrayé des consé-quences et des contradictions qpii sortent dune telle assertion, si lon ne pensoit,avec de Pradt que la matuirité des abus dans les Colonies y amènera pro-chainement un nouvel ordre choses (5).

Les moines, jadis trop prétconisés , aujourdhui trop décriés; les moines ,

(1) Le Socrate rustique. Lausanme, x777,in-8°. , tome I , page 54 et suivantces.

(2) Il y a une bonne gravure de ce3t instru-ment dans louvrage intitulé : Disstertazionisopra una Gramigna che nella Lwmbardiainfesta la Segale . Milano, 1772., in- 4 °. ,page i 5 o.

( 5 ) Réflexions sur les révolutions qu'a es-suyées lAgriculture. Toulouse , 1786, in-8®.

( 4 ) Collection de Mémoires sur ladminis-tration des Colonies. Paris , an X , in-8°.,tome IV, page 79.

( 5 ) Les Trois âges des Colonies. Paris ,1801 ,3 vol. in-8°.