SUR L’AGRICULTURE.
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ensuite l’ouvrage intitulé Legs ( 1 ), qui, si l’on en croit les auteurs du Fermiercomplet, est de Child; ainsi Hartlib n’auroit fait que corriger et publier cetouvrage, destiné à examiner les défauts et les remèdes de l’agriculture angloise.On y voit que, dans le comté de Kent, on atteloit quatre , six, et mêmedouze chevaux à une charrue$ on n’y lit pas sans étonnement qu’en Irlande ,quelques laboureurs attachoient leurs chevaux par la queue pour traîner lescharriots , etc. L’auteur se plaint amèrement de la grande variété de charruesusitées dans le même canton , au lieu de comparer leurs effets et d’adopter cequ’il y avoit de mieux. Hartlib n’étoit pas encore satisfait de l’éducation desbêtes à laine, et il se répand en plaintes sur cet objet. Il veut qu’on s’occupedavantage des abeilles, car le miel d’Angleterre lui paroît le meilleur quel’on connoisse. Il cite l’urine de vache , employée par les Hollandois, commeun excellent engrais au pied des arbres. Il avoit envoyé en France des ques-tions sur la luzerne ; on les trouve dans ses ouvrages, ainsi qu’une foule d’autresquestions sur l’agriculture de l’Irlande , avec les réponses. Il désire qu’ons’occupe des vers à soie, et rapporte une lettre du roi Jacques, qui ordonnoit laculture du mûrier.
Dickson, dit que les Anglois ont trois saisons pour semer, le printemps , l’été,l’automne ; tandis que les Romains n’avoient que la première et la troisième ( 2 ).Ce n’est pas là une découverte, mais une indication suggérée par l’humidité del’atmospEère britannique, à laquelle on doit attribuer en partie le luxe de végé-tation de cette contrée. Quant aux cultures alternes, d’après Tarello, Hartlibles introduisit en Angleterre. Il propose d’établir un directeur, ou ministrepublic de l’art rural, et sur-tout il gémit de ce qu’on n’adopte pas la cultureflamande, dont il décrit les procédés. Ses plaintes ne furent pas perdues.
L’Angleterre doit beaucoup à la Belgique , par les connoissances rurales qu'ellea empruntées de ce pays. Nous ajouterons incidemment qu’elle lui est encoreredevable pour ses manufactures.
Au commencement du quatorzième siècle, Louvain , dont la population sur-passoit de beaucoup celle d’aujourd’hui, avoit une telle multitude d’ouvriersoccupés aux fabriques de draps, que, par mesure de police , on sonnoit unecloche à l’heure où les tisserands quittoient l’ouvrage , afm que les parens avertisretirassent les enfans des rues, de peur qu’ils ne fussent écrasés ; mais, en i38a,les ouvriers s’étant ameutés, le duc Wenceslas les bannit très-impolitiquementjils se réfugièrent en Angleterre, où ils portèrent leur industrie. Les cruautés duduc d’Albe occasionnèrent une émigration nouvelle des fabricans de Gand etde Bruges , qui furent accueillis par la reine Élisabeth (3).
Il n’est aucun pays où la dîme soit aussi onéreuse qu’en Angleterre ; elles’étend à toutes les productions que l’on récolte : on exigeoit même, il y aquelques années , celle des ananas. La dîme des vins y étoit autrefois assezconsidérable : le nom de vine-yard, que portent encore divers lieux, atteste que
(1) A Legacy or an enlargement of theDiscourse of Husbandry, etc. London ,l65i , in-4°.
(a) The Husbandry of the Ancients. In