cxlviij ESSAI HISTORIQUE
figues (1) •, la Brousse, en 1774, en compte vingt-deux (2) ; quinze ans après, ilélève ce nombre à vingt - quatre (3). La Bruyère - Champier veut qu’on sedéfie de celles qui croissent vers Orléans et Paris . La culture en aura sans douteamélioré les qualités, puisqu’on y en mange qui flattent le goût, sans nuireà la santé.
Il paroît, d’après le même la Bruyère-Champier, que l’abricot ne fut connude nos ancêtres que dans le seizième siècle , car il en parle comme d’un fruitnouveau : on en comptait trois variétés en i65i ; Duhamelle s porte à treize.
En 16 j 3 , la Framboisière , médecin de Henri IV et de Louis XIII, parloitdes pêclies de Corbeil comme des meilleures ; et le même Champier dit qu’àParis on les estimoit. A quoi donc tient la qualité des fruits ? De la Quintinye ,au contraire, vers la fin du même siècle, cite comme mauvaise la pêche deCorbeil (4).
La Bruyère-Champier et Liebaut mettent au premier rang les prunes deTours , auxquelles actuellement plusieurs autres sont comparées ou préférées :la brignole, la prune d’Agen , le moyeu de Bourgogne , la mirabelle, la reine-claude, la kouetclie , trop peu connue, et qui abonde dans les Départemensdu nord-est de la République .
Est-il bien vrai qu’autrefois le châtaignier étoit plus cultivé qu’à présent ?Ceux qui tiennent pour l’affirmative , s’appuyent sur la présomption que lesmagnifiques charpentes de quelques anciennes basiliques , telles que celle deChartres , sont en châtaignier. Cette opinion est combattue par Biiff'on, au direduquel ces charpentes sont en chêne blanc. Quoi qu’il en soit, le châtaignierest un arbre dont nos ancêtres, il y a deux siècles , sentoient mieux le prix queleurs descendans actuels (3).
Le marronnier d’Inde , qui croît spontanément en Asie , et en Amérique chezles Illinois , passa du nord de l’Asie en Angleterre , vers l’an i 55 ° 5 €t de-là àVienne , vers i588. On tient pour certain qu’un curieux, nommé Bachelier ,l’apporta en France , à son retour du Levant, en i6i5 (6). L’arrivée de cet arbrechez nous , seroit donc postérieure à celle du faux acacia ou robinier, qu’onlui préfère actuellement pour les avenues, et qui, du Nouveau-Monde, nous lutapporté, vers l’an 1600, par Jean Robin , professeur de botanique (7).
Des sauvageons tirés des forêts ont été cultivés et nous ont donné de bonsfruits : on cite en ce genre le rambur, le bezy-d’hery, le colmars, la virgouleuse, lasilvange, etc., qui, la plupart, ont emprunté leurs noms des lieux de leur origine.
(1) De Re Cibariâ , etc. , lib. XI, cap.XXXVII.
(2) Traité de la culture du Figuier, etc.Paris , 1774» in-12, page 33 .
(b)Mélanges d’Agriculture, etc., tome II,page 21.
( 4 ) Instruction pour les Jardins fruitierset potagers, etc. Paris , 1716 , in- 4 °. , nou-velle édition , tome I, pages 386 — bt)i .
( 5 ) Mémoire de Burtin , page 84. L’auteur
dit que les châtaignes de Wisbeeck , prèsd’Enghien , surpassent même les marrons ditsde Lyon .
(6) Manuel de l’Arboriste, etc., tome II,page àç. L’auteur y indique , page 60 , lamanière de faire une lampe de nuit avec unmarron.
(7) Lettre sur le Robinier, etc., par Fran-çois {de Neuf château). Paris , an XI,in-12 , page 7.