DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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costé du levant ou midi, tant pour le plaisird’avoir la veue sur telles beautés (plus plai-sante que du septentrion, mcsme ès paystempérés ) que d’estre parés par le basti-ment, de la violence de la bize. Desquelsjardins et vignes, destournerés la baie etbourriers des blés battus en l’aire, de peurque les herbes et fruicts n’en eussent àsouffrir, y estans portés par les vents; ob-servation particulière pour les endroictsméridionaux, où l’on bat les blés en cam-pagne. Dans ces jardinages entrerés parune poterne faicte au derrière de vostremaison, pour facilement vous y aller pro-mener , sans passer par vostre grandecourt; commodité plaisante et profitableselon le cours des affaires.
Ces avis suffiront pour la générale dis-position d’une maison-champestre de pas-sable revenu, sans m’arrester à la sump-luosité et magnificence des grands sei-afin de n’excéder les limites de
gneurs.
mon intention. C’est toutes-fois sous lespropriétés des provinces , chacune ayantpresque sa particulière façon de bastir ,mesmepourle respect dumesnage, aus-quelles conviendra s’accommoder. Card’une sorte l’on dresse lebastiment cham-pestre ès lieux esquels les blés sont bat-tus à couvert, et d’une autre où l’on faitce mesnage en campagne, comme cela seremarque en voyageant par ce royaume.Ici ajousterai-je seulement la considéra-tion requise à la situation de la cuisine ,principale partie de la maison, pour l’as-seoir si bien que l’issue en soit petite ; c’est-à-dire , que le bien ne s’y consume trojitost, ou plus que déraison, ains qu’estantmesnagé comme il appartient, et avechon-neste frugalité, il yen puisse plustost avoirde reste que de faute au bout de l’année.
La cuisine donques , à telle cause sera n,v»„r S
, • . 1 , • particulier
posee au premier estage de la maison , au de la cuisina.plan et près de vostre salle, de laquelle en-trerés dans vostre chambre : par ainsi ceuxqui sont dans la cuisine par l'approche dela salle et de la chambre où estes souvent,s’en treuvent contrerollés, etrépriinées lesparesses, crieries, blasphèmes, larcins desserviteurs et servantes. Mesme la nuict,quand les servantes, sous prétexte de four-bir leur vaisselle, faire leur buée et autresordinaires mesnageries , demeurent bientard dans la cuisine : mais vous sentansprès d’elles, n’auront lors moyen de ribleravec les serviteurs, à l’aise et sans crainte :ainsi que cela est facile et commun en lacuisine basse, le maistre et la maistresseestans retirés en leur chambre en haut,loin d’elles , et laissées comme en pleineliberté. f
Ces t avis ne s’accorde avec celui de plu-sieurs personnes, lesquelles conduitespluspar coustume invétérée que par raison ,posent la cuisine au plan delà basse-court :ne se prenons garde que c’est la pire as-siete de la maison , pour contrarier à lasanté, à la seurté, et àl’espargne. Entiè-rement saine ne peut estre la cuisine basse, à lu santé ,à cause de l’humidité dont elle abonde, etde l’aer qui qui lui défaut : dont telle as-siete se treuve la pire de la maison. Etestant d’elle-mesme la cuisine assés bai-gnée , par la continuelle mesnagerie, laraison voudroit, domptant ce mal, d’em-ployer plustost à cest effect le plus sec etesventé, que le plus humide et estoufféendroit du logis. Non plus seure , donnant <5 la seurté ,la bassesse de ses fenestres facile accès audiabolique boudin, et à autres mauditesinventions que nostre misérable siècle aproduites : aussi moyen aux passans d’en-
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basse
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