Band 
Tome I.
Seite
21
JPEG-Download
 

DU THEATRE DAGRICULTURE.

21

costé du levant ou midi, tant pour le plaisirdavoir la veue sur telles beautés (plus plai-sante que du septentrion, mcsme ès paystempérés ) que destre parés par le basti-ment, de la violence de la bize. Desquelsjardins et vignes, destournerés la baie etbourriers des blés battus en laire, de peurque les herbes et fruicts nen eussent àsouffrir, y estans portés par les vents; ob-servation particulière pour les endroictsméridionaux, lon bat les blés en cam-pagne. Dans ces jardinages entrerés parune poterne faicte au derrière de vostremaison, pour facilement vous y aller pro-mener , sans passer par vostre grandecourt; commodité plaisante et profitableselon le cours des affaires.

Ces avis suffiront pour la générale dis-position dune maison-champestre de pas-sable revenu, sans marrester à la sump-luosité et magnificence des grands sei-afin de nexcéder les limites de

gneurs.

mon intention. Cest toutes-fois sous lespropriétés des provinces , chacune ayantpresque sa particulière façon de bastir ,mesmepourle respect dumesnage, aus-quelles conviendra saccommoder. Cardune sorte lon dresse lebastiment cham-pestre ès lieux esquels les blés sont bat-tus à couvert, et dune autre lon faitce mesnage en campagne, comme cela seremarque en voyageant par ce royaume.Ici ajousterai-je seulement la considéra-tion requise à la situation de la cuisine ,principale partie de la maison, pour las-seoir si bien que lissue en soit petite ; cest-à-dire , que le bien ne sy consume trojitost, ou plus que déraison, ains questantmesnagé comme il appartient, et avechon-neste frugalité, il yen puisse plustost avoirde reste que de faute au bout de lannée.

La cuisine donques , à telle cause sera n,v»r S

, . 1 , particulier

posee au premier estage de la maison , au de la cuisina.plan et près de vostre salle, de laquelle en-trerés dans vostre chambre : par ainsi ceuxqui sont dans la cuisine par l'approche dela salle et de la chambre estes souvent,sen treuvent contrerollés, etrépriinées lesparesses, crieries, blasphèmes, larcins desserviteurs et servantes. Mesme la nuict,quand les servantes, sous prétexte de four-bir leur vaisselle, faire leur buée et autresordinaires mesnageries , demeurent bientard dans la cuisine : mais vous sentansprès delles, nauront lors moyen de ribleravec les serviteurs, à laise et sans crainte :ainsi que cela est facile et commun en lacuisine basse, le maistre et la maistresseestans retirés en leur chambre en haut,loin delles , et laissées comme en pleineliberté. f

Ces t avis ne saccorde avec celui de plu-sieurs personnes, lesquelles conduitespluspar coustume invétérée que par raison ,posent la cuisine au plan delà basse-court :ne se prenons garde que cest la pire as-siete de la maison , pour contrarier à lasanté, à la seurté, et àlespargne. Entiè-rement saine ne peut estre la cuisine basse, à lu santé ,à cause de lhumidité dont elle abonde, etde laer qui qui lui défaut : dont telle as-siete se treuve la pire de la maison. Etestant delle-mesme la cuisine assés bai-gnée , par la continuelle mesnagerie, laraison voudroit, domptant ce mal, dem-ployer plustost à cest effect le plus sec etesventé, que le plus humide et estoufféendroit du logis. Non plus seure , donnant <5 la seurté ,la bassesse de ses fenestres facile accès audiabolique boudin, et à autres mauditesinventions que nostre misérable siècle aproduites : aussi moyen aux passans den-

.a cuisine

basse

traire