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Tome I.
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PREMIER LIEU

et

à Pespargi

trouir et dentre-voir ce quon y dit etfait, ce seroit quelles respondissent sur labasse-court, ou autrement que le lieu lesrehaussast de lui-mesme. Heurtant à laporte principale de la maison, le plus sou-vent elle est inconsidérément ouverte ,par ceux qui sont dans la cuisine basse ,par paresse ou incommodité de monter enhaut, pourrecognoistre si cest ami ou en-nemi , dont la maison est exposée en dan-ger. Et quant à lespargne, telle ne peutestre en la cuisine basse quen la haute ,tant pour les raisons dictes, que par nestrepossible tenir lœil, ainsi quil appartient,sur les pilleries qui se commettent par plu-sieurs larronneaux, lesquels sous ombrede pauvreté ou autre prétexte, tournoientune bonne maison : à quoi les invite Iafacileentrée en la cuisine basse. Chose quilsnentreprennent si hardiment, quand ilssont contraints saheurter à la cuisinehaute, pour la difficulté de laccès.

Et ny fait rien de dire que la cuisinebasse soit à préférer à la haute, pour sonaisée entrée et sortie, commodité de dis-poser à plaisir tous les offices de mesnage,et estre près de leau : puis que de toutcela on se peut aussi bien accommoder aupremier estage , quau rez-de-chaussée etplan de la basse-court. Mesme la montéey sera autant aisée quon voudra, par cs-calier-à-repos , vis, ou autrement : nydéfaillant autre chose que la fontaine, quipossible ny pourramonterpour le natureldu lieu. Mais quant au puits et cisterne,en jouirés comme il vous plaira: nestant( par ce seul défaut de la fontaine , quitoutes-fois ne sera trop esloignée, coulantdans la basse-court), raisonnable vous pri-ver sciemment des susdites commodités,des plus importantes du mesnage. Car en

vain feréslabourer Vos terres, et en serrercurieusement lesfruicts dans les greniers,si de , transportés comme dans un sacpercé , se dissipent désordonnément :comme cela avient plus facilement en lacuisine basse, quen la haute. Par ainsiceux se trompent qui ne cassent plustostleurs vieilles cuisines basses, que den édi-fier des nouvelles. Nestimant autre chosedevoir recommander la cuisine basse, quela frescheur quon y treuve plus grande enesté, et moindres les vents enhyver, quenla haute. Lesquelles deux commoditésnostre père-de-famille contre-pesera avecles autres, pour en tirer cesle résolution,que vivant à son aise, sans importunitéde froidure et chaleur , selon son climat,il puisse très-bien mesnager , but de sonnégoce, sans sesloigner de ses gens que lemoins quil pourra , puis que sa présenceest tous-jours requise. Autrement ce seroitcontre-faire les grands seigneurs, qui nonseulement se servent de cuisines basses ,ains ont des corps de logis séparés pourleurs offices : mais comme leuis moyensne sont communiqués à tous , aussi detous ne peuvent-ils estre imités.

Le dire de Messire Anne de Mont-morenci connestable de France est re-marquable , que le gentil-homme ayantatteint jusques àcinq cens livres de revenu,ne sçaitplus que cest défaire bonne chèrejparce que voulant trancher du grand ,mange à sa salle, à lappétit de son cuisi-nier, auparavant prenant ses repas àsa cuisine, se faisoit servir à safantasie.Pour donques compenser ces choses, nostremesnager aura une anti-cuisine , qui luiservira de sallette ou mangeoir ordinaire ,au travers de laquelle de nécessité con-viendra passer allant à la cuisine : par ce