DU THEATRE D’AGRICULTURE.
moyen estant noblement servi en son vivre,sans se rnesler avec la lie de ses domes-tiques, tiendra en office tous les siens: les-quels se rendront plus obéissans et mieuxmorigénés par telle proximité, qu’estansplus reculés de sa présence.i>. on- Par semblable raison, ceux se sont le‘pangfhlt plus déceus, qui le plus ont esloigné detMa,*,. j eurs maisons, les granges, estableries etlogis du bestail, quoi-quefondés en ce prin-cipalement , que ne tenans près d’eux lagrossesse du mesnage, sans bruit et àl’aisevouloient vivre de leur revenu. Mais l’ex-périence monstre qu’estant telle mesna-gerie ainsi reculée, le seigneur est privéde la liberté de pouvoir commodément te-nir son bien à sa main : ou le tenant d’estrecontraint laisser son bestail <4 l’abandon ,et ses gens aussi; pour, loin de sa présence,estre mal servi, et despendre la moitiéplus, que faisant manger ses serviteursen sa cuisine. Et quand mesure il seroitrésolu de bailler tous-jours son domaine àferme, tel esloignement lui oste le moyende contreroller son fermier, de se servirde lui en divers endroits, et de se garder dudesgast des bois, fruicls, et autres choses,lui avenant à toutes heures, par lui, parses enfans et serviteurs; et ce avec plusd’interest, que plus se treuvent reculés desa présence, cuidans estre en pleine li-berté. Joinct que tel esloignement, estantle bien affermé ou non , rend la maisonplus solitaire et moins fréquentée que nerequiert le logis des champs, que si elle es-loit accompagnée de la mesnagerie, pouraucunement dompter sa naturelle solitude.Pour lesquelles très-importantes causes ,ayant nostre père - de - famille à baslir àneuf, sera amonnesté de ne faillir en sibeau chemin , ains déposer le logis de son
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fermier et de ses bestes , non plus loin desa maison, que de la mesure susdite, siexcuse légitime ne l’en destourne. Etausside remuer plustost près de soi ses vieillesestableries, que de despendre de l’argentà les réparer.
L’eau et le bois suivent nécessairementle logis : car comment peut-on vivre sansces deux alimens ? Je n’en traicte toutes-fois ici, pour, en ce commencement, nelasser le lecteur du discours de telle longuematière : le réservant ailleurs , où le , Au "r-
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moyen de se pourvoir de cescommodités, cestc œuvtn.sera soigneusement représenté (23).
CHAPITRE VI.
De l’office du Père-de-Jamille enversses domestiques , et voisins.
Ces choses seroient vaines sans bon gou-
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vernement, ne pouvant en ce monde riensubsister sans police. En quoi reluit la pro-vidence divine d’autant jilus , qu’on voidl’ordre qu’elle a establi en nature mar-cher continuellement son train sans inter-riqition : ayant donné à aucuns le sçavoircommander, etàaulres, l’obéir; dontparce moyen chacun est retenu en office, pourla conservation du genre humain.
Pour un préalable donques, noslre père- Lt ™‘™-de-famille sera averti de s’estudier à serendre digne de sa charge ; afin que sça-chant bien commander ceux cpi’il a soussoi, en puisse tirer l’obé-issance nécessaire(ce qui est l’abrégé du mesnage) taschantpour en venir là, de changer, ou du moinsd’adoucir, les humeurs qu’il pourroit avoircontraires à tant louable exercice, par n’y