PREMIER LIEU
H
cslre né. Moyennant ce , et la faveur duciel, ne doutera de venir tres-bien à boutde ses desseins, bien que pour les mettreen exécution, il soit contraint se servir
• .... Des hommes de nul prix
Dont les corps sont de 1er, et de plomb les esprits.
En cela imitant le général-d’armée , quiemployé aux fortifications, des pionniers,n’ayans, comme beufs, autre valeur qu’enla force, sans esprit ni entendement. Surce sujet dit le pocte ,
Que son vers chante Pheur du bien-aisé rustique,Dont l’honneste maison semble une république.
Ainsi, je m’adresse au gentil-homme,et à autre vertueux personnage , capabledéraison, qui ayant délibéré faire valoirle bien que Dieu lui a donné , ou par sesante-cesseurs , ou par ses honnestes ac-quests, se resoud à prendre joyeusementla peine de le faire cultiver, jiar serviteursdomestiques, ou par fermiers : pour, surtelle matière , lui donner des avis du toutnécessaires, cpi’il amplifiera lui-mesme ,par son bon sens et ses expériences.
Ce lui sera un grand support et aide,Lamina. q ue d’estre bien marié, et accompagnéd’une sage et vertueuse femme, pour faireleurs communes affaires avec parfaite ami-tié etbonne intelligence. Et si une telle luiest donnée de Dieu , que celle qui est des-crite par Salomon , se pourra dire heu-reux, et se vanter d’avoir rencontré unbonthrésor : estant la femme l’un des plusimportans ressorts du mesnage, de la-quelle la conduite est à préférer à touteautre science delà culture des champs. Oùl’homme aura beau se morfondre aies f airemanier avec tout art et diligence, si lesfruicts en provenans , serrés dans les gre-niers , ne sont par la femme gouvernés avecraison. Mais au contraire, estansentre les
mains d’une prudente et bonne mesna-gere, avec honorable libéralité et louableespargne, seront convenablement distri-bués : si qu’avec toute abondance , lesvieux se joindront aux nouveaux, avecvostre grand et commun profit, etlouange.
Aussi,
On dict bien vrai, qu’en chacune saisonLa femme fait ou défait la maison.
Par telle correspondance la paix et la con-corde se nourrissans en la maison, vos en-fans en seront de tant mieux instruicts, etvous rendront tant plus humble obéis-sance , que plus vertueusement vous ver-ront vivre par ensemble.
Cela mesme vous fera aussi aimer, ho-norer, craindre, obéir, de vos amis, voi-sins, sujets, serviteurs. Et par telle mar-que estant vostre maison recogneue pourcelle de Dieu ; Dieu y habitera, ymettantsa crainte : et la comblant de toutes sortesde bénédictions , vous fera prospérer ence monde; comme est promis en l’escriture,
Si à ton souverain tu rens obéissance ,
En la ville et aux champs tu auras abondance * r *
D’huile, de blé, de vin , de bestail a jamais. 2
Hésiode , Caton, Varron, Colamelle etautres anciens autheurs de rustication ,quoi-que payens, ne se peuvent soûler denous recommander d’implorer l’aide deDieu en toutes nos affaires, comme ar-ticle fondamental du mesnage. Et puisqu’en nostre agriculture nous recerchonsleurs enseignemens pour nostre utilité, àplus forte raison devons-nous faire profitde leurs sainctes amonitions, conformes àlapiétéetreligionchrestienne. Parlànous r. e ptre-
-, 11* * de - famille
apprendrons de poncer nostre maison y instruira iejspécialement d’instruire nos enfans en la ~
crainte de Dieu , nos serviteurs aussi : afinqu’avec la révérence qu’ils nous doivent,
chacun