Aimer a ses
sujets.
Sera pacifi-cateur.
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
chacun lace sa charge, sans bruit, vivanshonnestement et religieusement, sage-mentse comportans avec les voisins. Etpa-reillement d’aimer les pauvres, pour exer-cer charité envers eux, leur despartant denos biens , selon nos moyens et leurs né-cessités, desquelles nous-nous enquerronssur-tout en temps de famine et de cherté.Comme aussi en toute saison des pauvresmalades, nécessiteux et désolés, pour leurassister opportunément, de vivres, d’ha-bits , de deniers , de consolations $ ayansau coeur,
Que Dieu accroist et bénist la maison
Qui a pitié du pauvre misérable.
Le père-de-famille aimera aussi sessujets , s’il en a, les chérissant commeses enfans , pour en leur besoin les soula-ger de ses crédits et faveurs : mcsine encas de nécessité , du passage des gens deguerre et autres occurrences, les gardantde foules et sur-charges , d’exactions in-deues et semblables violences , que lestemps diversement produisent. Leur ferafaire bonne justice par ses officiers, du dé-portement desquels s’enquerra souvent :ne souffrant jamais que sous ombre de jus-tice, ne autre occasion, son nom et sa ré-putation soient aucunement souillés. Serasévère punisseur des vices, à ce qu’extir-pés de sa terre, Dieu y soit seul servi ethonoré.
Ajoustera à ces oeuvres pies et chari-tables , ceste - ci, de s’employer à pa-cifier les différens et querelles d’entre sessujets et voisins , les gardans d’entreren procès, et les en sortir s’ils y sont : àce que la paix estant conservée parmi eux,il participe lui-mesme à l’aise et reposqu’elle aura produit. Imitant, par sonentremise, plusieurs grands seigneurs et
Théâtre d’Jgriculture } Tome I.
gentils-hommes de ce royaume, lesquels,avec beaucoup d’honneur , ont telle ex-quise partie en recommandation.
N’exigera rien de ses sujets que juste-ment ne lui soit deu: comme au con-traire, ne leur quittera, ne laissera courirchose aucune, tantpetite soit elle , luiajî-partenant de ses fiefs ou rentes : et soitblé , vin , argent, chastaignes , poules ,chapons , cire , huile , espice, courvées ,servitudes, hommages et autres droicts etdevoirs seigneuriaux, du tout exactements’en fera faire la raison, sans rienrabatre,ne laisser accumuler tenne sur terme : ouseroit que la pauvreté de l’année, ou autrecalamité publique ou particulière , luifournit matière de faire l’aumosne à quel-qu’un de ses débiteurs , le mettant en cecas , au nombre des pauvres.
Sera honneste envers tous, mesure en-vers ses parens, amis et voisins ) les cares-sant de toutes sortes d’amitié et bons of-fices ; leur faisant bonne chère estant pareux visité, dévisagé, de courtoisie, devivx’es, avec toute libéralité: de quoi ilaura tous-jours très-bon moyen , le tirantde son mesnage : car
Le débonnaire donne et preste,
Par raison ses affaires traicte.
Et expérimentera véritable,
Que bien-lieureuse est la maisonQui d’amis reçoit à foison.
Mettra ses affaires en telpoinct, qu’ilsoit plustost en commodité de prester àses voisins , cpi’en nécessité d’emprunterd’eux : et si d’aventure il emprunte , quece soit des moindres choses , lesquellesnéantmoins leur seront tost rendues ;croyant que qui bien rend, emprunte deuxfois. A quoi parviendra-il, si tous-joursil void à l’oeil trois cueillettes de son bien,
D
.Tntîe exn, -t. ur.
Jlonneste ûses amis , pu-rens et voi-sins.
T/us près •te.ur , queemprunteur.