DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
tels se treuvent beaucoup en ce royaume )fèra-il une très-plaisante , riche, et com-mode demeure.
Orné que soit le père - de - famille detelles qualités, etrendu sçavanten touslestermes du mesnage , commandera hardi-ment ses gens, lesquels lui obéiront d’au-tant plus volontiers , que par expériencecognoistront ses ordonnances estre et rai-sonnables et profitables : et pour la bonneopinion qu’ils auront conceue de sa suffi-sance , travailleront de bon cœur et sansmurmure : ce qui communément n’avient,quand les mercenaires sont sous la charged’un qui n’entend ce qu’il veut f lire, ainss’en rapporte à autrui; des commandemensduquel ont accoustumé de se mocquer.
Comment Distinguer l’ouvrier d’avec l’ouvrage ,
maniera ses •» ^ I . c
tmiteun. pour convenablement les approprier , estun notable article de mesnage. A tellecause donques, aux plus robustes de nosserviteurs, seront commises les œuvres lesplus grossières : aux plus spirituels, cellesoù l’engin est plus requis que la force; etles autres meslées de ces deux qualités , àceux qui ont et du sçavoir et du pouvoir.Aussi est de grande efficace pour se faireservir, de discerner les humeurs des mer-cenaires ; pour, selon icelles, commanderles uns doucement, et les autres rude-
ptmidmsa ment. Toutes-fois en nommant par nom,
humeurs des . 1 > 1
mercenaires. celui ou ceux auxquels on s adresse : carde commander confusément à toute latrouppe, de faire ceci ou cela ; avant qued’y mettre la main, se regardent l’unl’autre, à l’intérest de l’ouvrage, qui enreste en arrière, ou se fait mal. En vaintout cela, sans continuelle sollicitation àleur devoir, par régner presque en toutesorte de mercenaires, une générale bruta-lité, qui les rend sots, négligens, sans
conscience, sans vergongne, sans amitié:n’ayans autre soin que de faire bonne chèreet d’observer le temps de toucher argent.
Pour lesquelles causes, il est force que le seL'Pera tmipère-de-famille s’accoustume à se leverordinairement de grand matin, à telleheuresefaisantvoir àsesdomestiques : àccqu’estant exemple de diligence , dès-lorschacun serange à sabesongne, pour jouirde l’effèct de ces maximes, que la mati-née , avance la journée : que le levermatin, enrichit ; et le lever tard, ap-pauvrit. Pour ce faire se couchera-il debonne heure. Sur ce propos dit le sagemesnager,
Si tu te couches tard, tard tu te lèveras :
Tard te mettras en œuvre, aussi tard disneras.
Ne se mesle donques de mesnage celuiqui ne se résoudra à ce poinct, que de con-duire lui-mesme ses domestiques et ma-nœuvres , comme le capitaine ses soldats ;de peur que cuidant espargner sa peine,il ne tumbe en honteuse confusion : car,
Non seulement au mesnage telle grandesolicitude et vigilance est requise, maisaussi en toutes actions du monde : n’estansmesme les rois exempts de s’employer enpersonne en leurs affaires, qu’ils font d’au-tant mieux aller , que plus curieusementles voyent et entendent; ainsi que ces temaxime se treuve utilement vérifiée aures-tablissemcnt de ce royaume , par la ver-tueuse conduite de notre roi Henri IV ,heureusement régnant. Mais comme le ca- s - fera sou-
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pitainea des lieutenans pour le seconder; b "„ Krri ,aussi, pour son soulagement nostre père- " ur 'de-famille se pourvoira de quelque habilehomme, homme-de-bien, de moyen aage,comme de trente à cinquante ans (un plu cjeune ou plus vieil ne lui est propre ; al’un défaillant le sens, à l’autre la force ) ;
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