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Tome I.
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DU T ïl É A T R E DAGRICUL T U R E.

maines, quoi-que beaux de nature, ayansdemeuré quelque-temps entre les mainsde telles gens, deviennent laids et liidcux,comme portans le dueii pour labsence deleurs maistres. Attendu , quautre chosene sy faict durant ce temps-, que pourles garder dextrême ruine : sans penserni aux ajcncemens, ni aux nouvelles fon-dations et réparations, pour laugmenta-tion du revenu. Ou ce seroit que baillas-siés vos réparations à tasclie ou à prix-faict, à la mode des grands seigneurs etdes grandes villes. Ce que toutes-fois nestdu commun usage des mesnagers cham-pestres : lesquels les font à lespargne ,mieux et plus profitablement, estans surles lieux, que beaucoup dautres avecgrosses sommes de deniers comptants ;pour les commodités quils tirent de laterre par eux maniée, de vivres , de conr-vées des serviteurs et bestes du labourage,employées en temps perdu lors quon nepeut ouvrer aux champs, pour lincom-modité des temps 5 et tout cela se perdpour vous entre les mains des fermiers.Columelle discourt au long de telles dif-ficultés , ja de son temps en usage , pourla grandeur de Rome , dont la richesseavoit efféminé laplus-partde ses hommes,et par- leur avoit f aict abandonner les hé-ritages entre les mains des fermiers , si-que ce ne sont que plaintes et regrets desontenqis, que ce quil en dict. Nous avonspour le jourdhui encores plus doccasionde plaindre sur telle matière, que Colu-melle navoit alors , pour aller les chosesen empirant, selon le cours de ce monde :empirées aussi par la longueur des guerresde nostre siècle, qui de paresse et de des-loyauté ont corrompu toutes sortes de per-sonnes. Dont se treuve vérifiée la maxime,

quavec labeur le bien sacquiert, etavec langueur se possède: et, quepluscouste de le garder , que de lachep-ter. Pour lesquelles incommodités, pour- jVe f aut

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tant, lhomme dentendement ne jettera le «&<"«*>«««.

-, N , / ion bien.

manche apres la coxgnee^ en laissant sesterres en friche : ains se roidissant contreles difficultés, et des serviteurs domes-tiques , et des fermiers , discernera pru-demment les temps, les lieux , et les per-sonnes j pour, sur le maniment de sa terre,tirer une résolution utile.

Si le temps'est troublé par guerres ou Jfiîautres sinistres occasions : si lassiete de

fermé.

vostre domaine est mal-saine , ou de terrejicu fertile, ou escartée par pièces sépa-rées , esloignées les unes des autres : sivous nestes affectionné au mesnage ; quevostre femme ny soit propre, providenteet espargnante; que ne soyés sains et biendisposés , ne devés vous charger dungrand mesnage ; auquel, avec tels obs-tacles , treuveriés plustost à perdre , quàgaigner. Si en outre, estes au service desrois ou princes : si ès villes, pourveu dof-fices en la justice, ès finances, ou en autresgrandes charges : si y avés des négotia-tions et trafiques dimportance , treu-viés beaucoup plus à gaigner, quà la cul-ture de vos terres: nelaisseréstels moyenspour vous aller confiner aux champs ( leplaisir suivant tous-jours le profit) ou se-roit que , poussé de la Divinité , quittas-ses les vanités du monde , pour aller ser-vir Dieu en repos, reculé des compagnies,préférant le contentement de lesprit àtoutes considérations humaines. Mais les-tât paisible de la patrie vous favorisant :bonne estantTassiete de vostre terre, fer-tile et unie : lhumeur et la santé de vouset de vostre femme sapproprians au mes-

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