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Tome I.
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PREMIER LIEU

Honneur etfi oflt à reluiquifaict va-loir ton bien}et au con-ti aire.

nage, tous deux y prenons plaisir : et quenay es meilleure, ne si bonne occupation,que le gouvernement de vostre héritage,ne devés mettre en difficulté de le fairevaloir par vous-mesme : choisissant à cestelin , des serviteurs les mieux qualifiés etmoins vicieux que vous pourrés. Cela sen-tend sans vous surcharger daffaires , pourla grande quantité de terres quaurés à cul-tiver : ains seulement, den prendre à laproportion de vos raisonnables desseins ,sans vous ennuyer. Le reste devostrebienpourrés affermer, suivant ceste antiquemaxime , et nostre précédent avis ,

De vostre bien baillerés au fermier

Ce que par vous ne pourrés manier.

Voulons les Anciens dire par- , que ce-lui nest sage , qui après avoir beaucouptravaillé à sacquérir une terre, ou au ser-vice des grands; ou au port des armes, - ouà la suite des lettres, et finances -, au com-merce de la marchandise, ou par autresmoyens légitimes et ordinaires : rnesmelayant en don parle bénéfice des parenset amis ( ainsi que femme vefve ou enfantorphelin) failli de cueur, labandonne pro-digalement à un fermier , pour de sesmains , comme de son tuteur , en tirermaigre revenu : cependant voir devant sesyeux, son domaine se déserter et en sesbois, et en toutes ses autres paiiies ; etau contraire son fermier senrichir à saveue.

Mais digne de louange est lhomme, quise voyant possesseur légitime dun beaudomaine ; passant plus outre, sesvertue ,non - seulement à lui faire produire desfruicts à laccoustumée , ains par ingé-nieuse dextérité, contraint, par manièrede dire, sa terre, delle-mesme obéissanteau labeur et soin des hommes, à lui rap- j

porter plus cpie de lordinaire. A quoi yva de lhonneur : car aussi quelle hontenous est-ce, comme dit Caton, destrecontraintsdachepter, par fainéantise, ceque nostre terre pourrait porter, laissonsen arrière , par mespris, les libéralités deDieu , ne voulans recueillir les biens quilnous offre, à faute dy vouloir penser, etdemployer , non les bras et jambes avecsueur et peine , ains seulement, commepar récréation , nostre esprit et entende-ment ? A telle occasion ceste réprimendea esté faicte,

Pourquoi achètes-tu ilu vinTa terre ten pouvant produire ,

Vcu que tu aprestes à rireA celui qui est ton voisin?

Caton nous veut emmener , quand il ,u

menace du crime de lèze-majesté ceux qui c '*' 0 "'naugmentent leur patrimoine de tellesorte , que laccessoire surmonte le prin-cipal : disant aussi, estre grande ver-gongne , de ne laisser à ses successeurs ,son héritage plus grand quon ne lavoitreçeu de ses prédécesseurs. Comment se Fr ^ t defera cela ? Jamais entre les mains des fer-

bien d ta

miers, mais bien entre les nostres, si vou- "«"»

Ions prester à nostre terre , et nostre es-prit et nostre argent. Cest le moyen nobledaugmenter le bien, tant célébré des An-tiques ; desquels le dire se vérifie tous lesjours,

Quoi-que sans art le maistre, avecques peu desprit,

Conduira beaucoup mieux pour soi son héritage ,

Quaucun fermier qui soit ; lequel, pour tout mesnage,

!Na dans lentendement que son propre profit.

Si ces oracles du temps passé estoientsuivis, nous ne verrions tant de disetes detoutes choses , comme nous faisons ; ainsgrande abondance de biens, ctu - chacunpensant à ses affaires, ferait labourer saterre avec science et diligence , de ses