DU THE A T II E D’AGRICULTURE.
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yeux contrerollant et solicitant ses ou-vriers : qui seroit non moindre utilité aupubliq, que le contraire lui cause de dom-mage. Avenant quelques-fois parlante devivres, séditions , et maladies contagieu-ses : dont avec raison l’on peut dire , quecomme l’agriculture est le moyen duquelDieu se sert pour le soustien de ces l e vie ;aussi de son interruption, négligée, il tire,pour la punition des liommes , ces troisnotables verges, famine , guerre , peste.Aussi est-il escrit, que l’abondance dela terre est sur tout.
Or comme les Anciens nous ont per-mis de bailler-à-ferme de nostre bien , ceque ne pouvons tenir à nostre main : ils’ensuit qu’ils nous-commandent d’en fairecultiver par serviteurs domestiques, ce quiest en nostre puissance. Suivant ces ordonnances, curieuse recerche sera faictede la qualité de nostre bien ; duquel lapartie la plus esloignée, la plus escartée,la plus difficile à cultiver, sera baillée àferme : la plus prochaine de nous, la plusLa , pre ' unie, la plus aisée sera retenue. Gesteai,ir, ni- proximité s’entend , si le père-de-famille’£'■ y a sa maison d habitation , y faisant sademeure ordinaire , sans laquelle tout iramal en son mesnage : auquel, ne l’expé-rience des laboureurs, ne la puissance d’ydespendre ce qu’il appartient , ne pro-fitent tant, cpie la seule présence du sei-gneur, pour retenir chacun en office. Delà est sortie ces te sentence ,
Le maistre dès son resveil
Au mesnage est un soleil.
C’est la présence du maistre, qui faict de-venir diligens, les paresseux : sobres , lesgourinans et yvrongnes : paisibles, lesrioteux et querelleux. C’est aussi ce quedit TUne , que la principale fertilité des
terres, consiste en l’œil du mesnacer,non au talon. Telle présence du maistresur son mesnage est tant recommandéedes Antiques, que Ma go de Cartilage,excellent homme des champs, et l’un despremiers autheurs de rustication, de peurd’oublier chose tant importante , com-mence son livre par un commandement,faict à celui qui veut achepter une métai-rie ; de vendre premièrement sa maisonde ville, ou ne le voulant faire, lui déf endd’acquérir aucune terre aux champs: pourl’incompatibilité de ces deux façons devivre. Nous ne sommes aujour-d’hui tant.austères , que de nous priver sciemmentde la liberté d’avoir des maisons ès villes,où quelques-fois la demeure est, et salu-taire et nécessaire, pour plusieurs bonnescauses : quand mesme ce ne seroit quepour s’y aller recréer avec les amis :comme tons-jours ou le plus souvent, leschangemens volontaires plaisent ; maisde s’y arrester par trop, est faillir en mes-nage. Ainsi,
Nous voyons quelbiennous pouvons af-fermer ou arrenter : et quel tenir à nostre (main. En cas d’afferme, que le seigneur a fl' rmc ‘-accorde avec son fermier du prix du re-venu de son bien, en deniers , ffuicts ouautres choses, comme il verra le meilleur :lui en passant contractpardevant notaire,avec tant de seurtés dont il se pourra avi-ser , y apposant des rétentions , cour-vées , et autres conditions, selon la por-tée de son domaine, et conservation de saliberté j ce qui ne se peut particulariser ,pour les diverses coustumcs des jiays.
Mais qu’il y pense bien, avant que serrermarché, afin que pour son avantage, iln’oublie aucun article : sans espéranced’avoir après par honnesteté , plus que