PREMIER LIEU
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A la mère -de famille.
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ce qui aura esté convenu et escrit, pourl’avarice et discourtoisie de la plus-partde telles gens. Or comme ceste-ci est laplus seure voie ; de tirer sans despencene souci, le revenu de vostre terre ; demesme en est-elle la plus ruineuse façonde mesnage, comme a esté monstré , parlaquelle vostre domaine, laissé à l’avaricede vostre fermier , qui en arrache durantson terme tout ce qu’il peut, se diminueraen valeur, et finalement se ruinera ; si encontractant n’y est pourveu en termesexprès.
Quant à tenir son bien à-sa-main , envoici le plus difficile ; la continuelle soli-cilation au travail ; et, l’ordinaire distri-bution des vivres pour la nourriture desserviteurs et manœuvres. Comme cescharges sont distinctes, distinctement aussisont elles dispersées. C’est de l’ordon-nance antique, que les affaires des cliampsdemeurent au mari, et celles de la mai-son , à la femme , avec tontes-fois com-munication de conseil, pour tant mieuxfaire aller le mesnage , que plus d’utilitéreçoit-on des choses préveues , que decelles commencées à l’aventure. En cestenégoce rustique, l’avantage est au père-de-famille ; car en se promenant , avecrécréation il faict sa charge, ses affairesestons où son plaisir le meine. Mais iln’est ainsi de la mère-de-famille, laquellesans très-grande peine, ne peut pourvoir àl’ordinaire nourriture des siens: encorcs-moins les contenter tous , tant pour lesdiverses humeurs des gens de service , laplus-part personnes mal créées , que pourl’extrême souci d’avoir continuellementen teste, tout ce qui appartient à la nour-riture d’une grande famille, sans lui don-ner une heure de relasche , dont, comme
d’une fièvre continue , elle est tous-jourstourmentée.
Pour le soulagement de la mère-de-fa-
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mille , le non-nourrir- des serviteurs est pour le ton-inventé. Au lieu de la despense de bouche la femme.des serviteurs et mercenaires , leur estbaillé du blé, ou farine , ou pain , lard,fourmage , huile , sel, légumes, vin, ouautres alimens , pour leur nourriture detoute l’année , dont on convient, et de laquantité , et des payemens , selon les cir-constances et les lieux. Aussi un jardin ,pour avoir des herbes : un quartier de lo-gis séparé , pour leur retraicte et faireleur ordinaire, on plustost la maison dumétayer, bastie dans la grande court, avecune servante ; afin de leur apres 1er àvivre. Par tel ordre , vos gens se nour-rissent à leur contentement, librementmangeans à leurs heures, sans nullementvous importuner en vostre habitation , siqu’autre soin n’avés que de leur faire bienemployer le temps ; et au terme , de lespayer de leurs gages.
Ceste façon de mesnage approche decelle dont plusieurs en Languedoc usent,pour la culture des domaines escartés.
Tels domaines sont baillés en chargea unmaistre-serviteur (au langage du pays ap-pellé P dire , c’est-à-dire , père) lequel ad’autres serviteurs sous lui , tant qu’ilsuffit. Le seigneur lui fournit tout le bes-tail, outils et semences : accorde avec luides gages de tous les serviteurs , en de-
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niers et habits , et pour la nourriture detout le mesnage durant l’année, en blé,lai'd , huile, sel, légumes, vin, et autresdem’ées, et avec de l’argent aussi. Moyen-nant lesquelles conventions se charge detous les labeurs, et d’en rendre tous lesfruicts en provenans. Faut que ce père