DU THEATRE D’AGRICULTUIIE.
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soit marié , pour le besoin que tout mes-nage a de la conduite d’une femme. Le
O
seigneur donne gages à la femme aussibien qu’au mari, qui sont limités par lenombre de leurs enlans , moindres estansles gages, que plus de petits enlans il y a :les grands capables de servir , estans re-tenus à gages , selon leurs capacités.journaliers. Touchant les journaliers et manoeuvres,
requis pour la culture des vignes et sem-blables besongnes , mesme pour les ré-parations extraordinaires : qui ne se vou-dra charger de la fatigue de les nourrir ,les payera au seul argent, à tant la jour-née : portans leur munition pour vivrequand ils viennent travailler chés vous.Geste façon de mesnage, estant grandeconsommation de deniers,vient souventes-fois mal-à-propos au père-de-famille ,mesme lors que ses denrées sont à 2 >etitprix , et mal-vendables : desquelles com-modément ne se peut-il servir en cest en-droit , lui estant aux champs , où il estplus convenable de les y faire mangeraprès ses ouvrages, que de les envoyer loinpour les vendre, afin d’en retirer le paye-ment de ses ouvriers. C’est plustost à l’u-tilité de l’homme de ville, que tel ordreest establi, pour la culture des jardins ,vignes, et autres semblables propriétés,auquel est plus commode payer ses ou-vriers à l’argent sec, que d’y ajouster lanourriture. Aussi à tel mesnage ne sontbeaucoup chiites les femmes de ville , quivolontiers souscriront à cest avis.
„ Voici encores du soulagement. Il est
j,i c , d'n/, certain que la plus grande f atigue du mes-
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nage est ès moissons, tant pour la diffi-culté d’avoir des ouvriers pour coupperles blés, que pour la peine et despensede les nourrir, veu le grand nombre né-
cessaire à telle œuvre. De telle fatiguel’on se descharge entièrement, en baillantà coupper et lier les blés à tache, ou àprix-faict ; c’est à dire , sçavoir que don-ner en blot pour ce faire : ou passant plusoutre , à les rendre nets par battre ou fou-ler selon les pays, et ce, ou en grain ou enargent. Ou bien sans tant bazarder , ac-corder à tant pour cent; ou à compte, unpourtant, à la meilleure condition qu’onpeut. Ainsi ces diverses façons de mes-nage, jieuvent estre dictes , jiarties d’af-fenne; plus ou moins s’en approchans lesunes que les autres. Toutes lesquelles re-viennent au seul soulagement de la mère-de- famille, demeurant la charge dupère-de-famille , entière et nécessaire pour laconduite de ses affaires. Mais si tant estque, et lui et sa femme , se vueillent com-munément descharger de l’importunepeine et souci du mesnage, ainsi le pour-ront faire : sans toutes-fois abandonnerleur bien à la merci du fermier : ains à teleffect, le bailleront à cultiver à demi-fruicts, au tiers , au quart, ou à autrescondilionsaccejîtables, selon les pays; parle moyen desquelles, le bien se maintienten assés bon estât (3i).
Dès long te'mps ceste façon-ci de culti-ver la terre est en usage par les provincesde ce royaume et estrangères, mais nongénéralement pratiquée de mesme sorte ,pour la diversité des mœurs etcoustumes.D’où avient, que c’est, ou en gerbe ou engrain , par inégales ou esgales jmrtions >que le seigneur partage avec son métayer :avec aussi apposition de plusieurs condi-tions , diversement receucs ou rejettées ,non seulement de province à autre, ainsprescpies de voisinage à voisinage, tant leshommes sont particuliers. Si le métayer
Diverti làcf affermît.