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SECOND LIEU
A faute depierre est iciemployée lapaille.
estre si larges qu’ès basses : par n’estrecontraints recueillir là, tant d’eau, qu’enbas ; demeurant, néantmoins , cela àvostre discrétion; car trop larges ne pour-roient-ils estre en aucun endroit pour re-cevoir non-seulement les eaux naissantesau fonds, ains les survenantes des pluies,ce qui est nécessaire de prévoir. Ceste ré-paration a plusieurs usages, puis qu’à lafois et les eaux et les pierres importunesd’un terroir sont ostées : et ces eaux-là ,de nuisibles converties en serviables :pour prairies, pour moulins, mesme pourfontaines , leur naturel le voulant. Pourlesquelles utilités, elle se rend recomman-dable : aussi telles réparations sont recer-chables de tous mesnagers. D’ailleurs ,en ce mesnage rien ne se perd : car parestre les fossés remplis de terre en leursuperficie , toute leur terre se met en évi-dence , pour servir en labourage, jusquesà un pouce , ce qu’on ne peut dire desfossés demeurans ouverts , qui occupentbeaucoup de place , et pour les postposerà ceux-là , sont sujets à réparer de tempsà autre , comme a esté dict.
S’il avient que pour le remplage desfossés , la pierre défaille , ne vous mettésen peine d’en faire porter de loin avecgrands frais : mais en lieu d’icelle, servés-vous de la paille ; ce que pourrés utilementfaire en ceste sorte. La paille pour la force,sera plustost choisie de seigle que d’autreespèce, et àson défaut sera employée cellede froment. On en fera un plancher dansle fossé, pour, suspendu, causer un vuideen bas , pour le passage de l’eau, et au-dessus d’icelui plancher, y estre mise deuxpieds de terre. Le vuide sera d’un pied dehaut, l’cspesseur du plancher d’un autrepied , et les deux autres de terre, feront
les quatre donnés à la profondeur des fos-sés. De deux pieds et demi, sera leur lar-geur , plus estroits de demi-pied que lesprécédents, pour la sujection de la paille :de peur de boucher le vuide en bas , pars’afïàisser : à cause de la pesanteur de laterre, mise au-dessus. La mère, récep-tacle des eaux, n’excédera telle mesure,attendu la considération de la paille : maispour pourvoir à ce dont est question, aulieu d’une mère, deux en seront faictes ouune seule si profonde, qu’elle suffise à re-cueillir toutes les eaux qu’on lui adressera.La paille s’accommodera en faisseaux ,longs de deux pieds et demi, espès d’unpied , liés de la mesme matière, en troisdivers endroits , équidistamment. Pourlesquels faire tenir , où , et comme il ap-partient , faudra à cela assujétir le fossé,en le façonnant plus estroit par bas , quepar haut, non en pente et taiussant, ainsà plomb et droicte ligne, se rétractant enquarré, en l’endroit que poserés le plan-cher, pour, comme sur des murailles,demeurer ferme et asseuré. Le rétracte-ment de chacun costé, sera de demi-pied,par-ainsi restera en bas , et au lieu plusestroit du fossé , un pied et demi, et enhaut au plus large, les deux et demi sus-dits. Si doutés de la petitesse de vos fosséset vuidanges, le remède est, non d’en aug-menter la largeur, attendu la sujection dela paille , ains le nombre ; car , commej’ai dict, ne pouvés excéder en tel article,par trop bien ne se pouvoir vuider l’eaud’un terroir marescageux ou inondé. Parquoi aviserés d’en faire à suffisance, et sibien, qu’ils se deschargent les uns sur lesautres par branches , s’entretenans en-semble , pour rendre toute l’eau du ter-roir à la mère, afin de la vuider au lieu