DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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Guérir lesterres tropisestablonneu -
destiné. La paille ainsi employée serviralonguement: caron tient, comme cabale,qu’enfermée dans terre sans sentir l’aer,demeure saine plus de cent ans. Je suistesmoin oculaire, de certaine paille treu-vée saine et entière , au milieu d’une vieillemazure, et si marquoit la muraille estreouvrage de plusieurs siècles. Parquoi sansscrupule , servés-vous-en , à la chargequ’estant pourrie , au bout de cent ans ,ceux qui viendront après la renouvelle-ront, si bon leur semble (4).
Corriger les vices de l’argille et du sa-argiiume, « blon des terroirs , est un très-bon prépa-
tablonneu - . _ / * *
ratif au labourage : duquel remède, toutbon mesnager s’aidera. Les terres trop ar-gilleuses, seront amendées par le sablon :et les trop sablonneuses, jiar l’argille: des-quelles matières en sera charrié si grandequantité où il appartiendra , qu’ellesdomptent chacune l’imperfection de soncontraire. Telle réparation s’entrepren-dra , si la proximité de quelque rivière oufondrière, donne moyen de recouvrer dusablon et de l’argile à frais modérés, nonautrement : car d’aller cerclier ces chosesloin, et à grand prix, ne se doit délibérer.L’argille est plus difficile à recouvrer quele sablon, par n’estre, comme du sablon,toute argille propre à cest usage ; ains seu-lement celle qui avec soi porte de la grais-se 5 car de la pure argille infertile, on ne sepourroit prévaloir. Par tel ordre, le ter-roir de difficile culture et presques infruc-tueux , se rend aisé à labourer, à conser-ver et rejetter convenablement les humi-dités , et par conséquent, de raisonnablefertilité. Et tels remèdes estans perpétuels( par ces amendemens-ci ne se consumer)ne sera en peine le père-de-famille deles réitérer , comme il est contraint faire
de toute sorte de fumiers , qui se dissol-vent bien tost dans terre. C’est le moyendescript par Columelle, duquel se servoitJM arc Columelle son oncle, sçavant agri-cole , pour rendre fertiles ses terres-à-grains et ses vignes.
Le temps pour faire ces réparationsn’est limité à certaine saison de l’année,estant tous-jours propre d’y travailler ,hors-mis quand la terre est trop mouillée :s’entend aussi sans destourner les ordi-naires cultures de la terre , ne la récoltedes fruicts. Mais telles choses marcliansleur train, l’on ne fera difficulté de mettrela main à ce que dessus, soit hy ver ou esté.
Il est vrai qu’à meilleur marché cela sefera aux grands , qu’aux petits jours ) enquoi y a un notoire mesnage et profit, ob-servable en toutes sortes de réparationsvolontaires.
Voilà les lieux ombrageux , pierreux , Essarter
. • | ,11 . les landes et
aquatiques , arguieux et sablonneux, mis haïuen.en estât de bien servir au labourage. Si enoutre, avés en vostre domaine des terreslaissées long temps en j aschère ou en friche,des landes, halliers, et lieux presques dé-serts , couverts d’arbustes de nulle valeur ;comme bouis, brusc, genest, et semblablesplantes n’apportans ne fruict ne fueille deprix j empeschans mesme la terre de pro-duire herbe à suffisance pour pasturage,et n’estant le fonds propre à faire garenne,pour plus de commodité, nefaudrés à lesconvertir à autres usages. Si le lieu est platou peu pendant, facilement s’appropriera-il en labourage, pourveu qu’il ne soit partrop chargé de pierres et rochers , ne sepouvans transporter. En ce cas les arbris-seaux seront couppés, séchés, et finale-ment bruslés sur le lieu, à la manière sus-dite : par lequel artifice , la terre s’apres-