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Tome I.
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SECOND LIEU

lera de telle sorte , que cuite par le feu ,produira de beaux blés, bien-que le fondssoit terre légère, dont changera de natu-rel, et rapportera profit, tant le plus sou-vent tels essars rencontrent bien. Ainsiquelques-fois tire-on revenu de lieu estiméinutile, suivant ceste maxime, que beau-coup de choses se perdent par igno-rance et négligence.

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V'f/ruher Les vieilles prairies seployent très-bien1,1 meute j en l a t) 0ura <Te , à cela estans préparées. Si

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elles sont aquatiques , pour un préalableconvient les dessécher, puis les rompre :après toutes-fois salutaire avis, car de def-fricher inconsidérément toutes sortes deprés , nest le faict dun bon mesnager ,pour le grand besoin dherbages quil ae[ pour nourrir sesbestes. Mais en estantsuf-qucu*, prai- fisauiment pourveu, ne mettra en dififi-mue de/fri- cuite de rompre partie de ses moins vaieu-reuses prairies : sasseurant, ainsi ma-niées , d'en tirer plus de profit dun an ,en blé: quen foin, de six. Donques, es-tant tous-jours plus à jiriser lescu, que leteston, ne seroit-ce pas preuve de peu dejugement que de préférer lun à lautre ?Joinct que ceci augmente le mesnage, quela prairie, pour sa vieillesse, rendue pres-ques inutile, après avoir donné abondancede beaux blés , huict ou dix ans de suite,plus ou moins , selon la faculté du fonds,reproduira par-après des foins, si à celavoulés réemployer, six fois plus quelle nefaisoit auparavant, pour avoir lefonds ac-quis nouvelles forces , moyennant la cul-ture , et sestre engeance de jeunes et fran-ches semences (5). Et bien-que telle grandefertilité ne soit de perpétuelle durée, seconsumant sa bonté avec le labeur, parleplus dicelle consister en la motte ou su-perficie du pré , si est-ce que le labourage

procédé des deffrichemens, est tous-joursdes meilleurs : pourveu quil soit gouvernéen bon père-de-famille, qui après en avoirtiré quelques cueillètes de suite , sanstoutes-fois en espuiser toute la graisse,quoi-quil le voye de bonne volonté , lemette en rang avec ses autres terres, pourreposer un an, après le travail dun autre,ainsi quil convient raisonnablementfairede champ passable en bonté.

Entre les diverses façons de deffriclier Deuxles prairies, deux principales sont en usage,j-*' e r ° urtrès - contraires néantmoins , en elles-mesmes : puis-que leau et le feu sont op-posés lun à lautre , effectuans mesinechose ; cest assavoir , emmenuisant laterre pour la rendre propre à recevoir lessemences. Ces deux façons seulement vousreprésenterai-je , comme les plus utiles etreceues. Le plus commun deffrichement, sefaict au soc, tiré par bestes de labourage :puis vient celui du brusler de la motte ougazon, par le feu quon y met, après la-voir enlevée et à ce préparée. Le tempsgouverne entièrement ces œuvres, lequelde nécessi convient avoir favorable, froidet humide pour cestui- : et chaud et sec,pour cestui-ci. Donques pour deffriclier ausoc, cest la seule saison de lhyver quilfaut employer : et au feu, choisir le cueurde lesté; ainsi approprié louvrage autemps, la chose se parfera à souhait, avecfrais modérés. Commenceant par le def- ch, rfrichement au soc, je dirai qu arrive que aul0Ci etsoit lhyver, après les pluies de lautomne,sera le vrai poinct de mettre la main àlœuvre: dautant que lors aura-on bonmarché derompre les prairies,pour la com-mune foiblesse de lherbe et de la terre,lune emmatie et lautre humectée, parl'arrivée des froidures et humidités, chose