Band 
Tome I.
Seite
108
JPEG-Download
 

SECOND LIEU

108

Quand la Esteint que soit le feu, la terre se-' CZ' ,Za froidira delle-mesme dans peu de temps.Th"mp a EU® demeurera emmoncellée jusques àlavenue dune forte pluie, laquelle pré-voyant, la terre sera escartéeparle champesgallement, uniment , et universelle-ment ; afin quil ny ait endroit qui ne senressente : exceptés les lieux sur lesquelsles fourneaux auront esté fai cts, quil fautdu tout descharger dicelle, par avoir estésuffisamment cuits et préparés, durant leséjour des fourneaux suriceux , ce quiap-paroistra évidemment par le blé en sontemps, qui sera plus grand quailleurs,comme si en tels endroits seuls, on y avoitmis abondance de bons fumiers. Et avoirdesdits lieux rasclé toute la terre, enchange dicelle on y laissera les mottescrues , qui auront resté des couverturesdes fourneaux , lesquelles, comme a estédict , le feu naura peu pénétrer , quonbrisera avec le hoyau.

Comment Après , le champ sera labouré avec lenpriT." e " soc ordinaire, mais fort légèrement, enne prenant que deux ou trois doigts deterre j afin de peu-à-peu incorporer lacuitte avec la crue du fonds, et que lesdeux ensemble sen préparent bien. Auxautres oeuvres on prolondera davantage,plus toutes-fois ès derniers quès pre-miers , jusques à ce que finalement onsoit venu à la juste mesure quon désirelabourer. Et si tant est que le bruslementait esté expédié dans le mois de Juin, sur-venant une bonne pluie, on y pourra se-mer du millet, des raves, des naveaux ,meslingés ou séparés : puis au mois dOc-tobre ensuivant, du seigle , du froment,du méteil, séparément toutes-fois : et con-sécutivement les trois ou quatre suivantesannées charger tel terroir de toutes sortes

de blés hyvernaux quon voudra. Si letemps est sec ou venteux, nescartés vostreterre cuite, ains la laissés emmonceléesans y toucher ; de peur que pour sa sub-tilité elle ne senvolast en poussière ; maisattendés patiemment le temps humide quiarrivera en sa saison: joinct quil nest nul-lement nécessaire de se liaster en cest en-droit, ne mesme densemencer trop tostle champ ; de peur questans les blés tropprimerains, leur grande gaillardise, pro-venant du bénéfice de telle excellente cul-ture , les fist verser par terre : mais retar-der un peu, en attendant lapproche desfroidures de lhyver , pour tempérer lachaleur de la terre procédée du feu. Au-cuns nescartent leur terre cuitte que sur lepoinct des semences, quelque tard quilsles facent, encores quelle ait esté prépa-rée long temps auparavant. Ce quatten-dans , aux mois dAoust ou de Septembreaprès la pluie , ils labourent le champ ,cest à dire , lentre-deux des monceaux ,sans toucher à la terre cuitte : donnans aufonds un couple dœuvres avec le soc, entravers et en long , sans prendre plus dedeux doigts de terre $ afin de la préparer àsunir avec la cuitte. Pour faciliter ce la-bourage , par prévoyance, en dressant lesfourneaux on les aura rengés en lignedroicte de tous sens , car posés confusé-ment, ceste culture ne se pourroit bienfaire àpropos. Les froments craignent plusle verser parterre, que les seigles, pourlaquelle cause, plusieurs aiment mieuxmettre sur leur terre cuitte , de ceste se-mence-ci , que de celle-, pour la pre-mière année : passée laquelle , la terreayant un peu rabaissé de sa chaleur , serendra du tout propre à recevoir et les fro-ments et toute autre sorte de blés quon