SECOND LIEU
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Quand la Esteint que soit le feu, la terre se ré-' C ‘Z' ,“Za froidira d’elle-mesme dans peu de temps.Th"mp a “ EU® demeurera emmoncellée jusques àlavenue d’une forte pluie, laquelle pré-voyant, la terre sera escartéeparle champesgallement, uniment , et universelle-ment ; afin qu’il n’y ait endroit qui ne s’enressente : exceptés les lieux sur lesquelsles fourneaux auront esté fai cts, qu’il fautdu tout descharger d’icelle, par avoir estésuffisamment cuits et préparés, durant leséjour des fourneaux suriceux , ce quiap-paroistra évidemment par le blé en sontemps, qui là sera plus grand qu’ailleurs,comme si en tels endroits seuls, on y avoitmis abondance de bons fumiers. Et avoirdesdits lieux rasclé toute la terre, enchange d’icelle on y laissera les mottescrues , qui auront resté des couverturesdes fourneaux , lesquelles, comme a estédict , le feu n’aura peu pénétrer , qu’onbrisera là avec le hoyau.
Comment Après , le champ sera labouré avec le’npriT." e " soc ordinaire, mais fort légèrement, enne prenant que deux ou trois doigts deterre j afin de peu-à-peu incorporer lacuitte avec la crue du fonds, et que lesdeux ensemble s’en préparent bien. Auxautres oeuvres on prolondera d’avantage,plus toutes-fois ès derniers qu’ès pre-miers , jusques à ce que finalement onsoit venu à la juste mesure qu’on désirelabourer. Et si tant est que le bruslementait esté expédié dans le mois de Juin, sur-venant une bonne pluie, on y pourra se-mer du millet, des raves, des naveaux ,meslingés ou séparés : puis au mois d’Oc-tobre ensuivant, du seigle , du froment,du méteil, séparément toutes-fois : et con-sécutivement les trois ou quatre suivantesannées charger tel terroir de toutes sortes
de blés hyvernaux qu’on voudra. Si letemps est sec ou venteux, n’escartés vostreterre cuite, ains la laissés emmonceléesans y toucher ; de peur que pour sa sub-tilité elle ne s’envolast en poussière ; maisattendés patiemment le temps humide quiarrivera en sa saison: joinct qu’il n’est nul-lement nécessaire de se liaster en cest en-droit, ne mesme d’ensemencer trop tostle champ ; de peur qu’estans les blés tropprimerains, leur grande gaillardise, pro-venant du bénéfice de telle excellente cul-ture , les fist verser par terre : mais retar-der un peu, en attendant l’approche desfroidures de l’hyver , pour tempérer lachaleur de la terre procédée du feu. Au-cuns n’escartent leur terre cuitte que sur lepoinct des semences, quelque tard qu’ilsles facent, encores quelle ait esté prépa-rée long temps auparavant. Ce qu’atten-dans , aux mois d’Aoust ou de Septembreaprès la pluie , ils labourent le champ ,c’est à dire , l’entre-deux des monceaux ,sans toucher à la terre cuitte : donnans aufonds un couple d’œuvres avec le soc, entravers et en long , sans prendre plus dedeux doigts de terre $ afin de la préparer às’unir avec la cuitte. Pour faciliter ce la-bourage , par prévoyance, en dressant lesfourneaux on les aura rengés en lignedroicte de tous sens , car posés confusé-ment, ceste culture ne se pourroit bienfaire àpropos. Les froments craignent plusle verser parterre, que les seigles, pourlaquelle cause, plusieurs aiment mieuxmettre sur leur terre cuitte , de ceste se-mence-ci , que de celle-là, pour la pre-mière année : passée laquelle , la terreayant un peu rabaissé de sa chaleur , serendra du tout propre à recevoir et les fro-ments et toute autre sorte de blés qu’on