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Tome I.
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SECOND LIEU

opinion il doit concevoir de ceste mesna-gerie , la recueillira du rapport de ceuxqui le plus la pratiquent, disans en leurpatois , que

Qui non crème , ou non féme ,

Quan lous autres missounon , elgléne (8).

CHAPITRE II.

Le Labourage des Terres-à-grains.

Comme nature nous donne infinies es-pèces de fruicts ; aussi cest par diversessortes de culture, que nous les tirons dela terre. Et combien que les blés soyenttous-jours semblables à eux-mesmes, enquelque part quils croissent, si est - cequau labourage des terres-à-grains , età la récolte des blés y a de grandes diver-sités ; non-seulement de région à région,ains de climat à climat : voire mesme nesaccordent entièrement en ce mesnage,les habitans de deux terroirs contigus : lon ne sapperçoive de quelque diver-sité , soit au bestail du labourage , soitaux outils, soit aux semences, soit aucui- serrer des blés. Ici on laboure la terre avec'nr e d U des beufs ; avec des chevaux. Ici avecdes mulets ; avec des mules , et ailleursavec des asnes. Ici la charrue avec desroues portant le soc, est tirée par quatre,cinq ou six bestes : joue le coutre sansroues , traîné par deux seules bestes. Iciles beufs ayansle joug attaché aux cornes,tirent à la teste ; au col. En la Beausseet ailleurs, les terres sont divisées pargrands sillons de cinq à six pas de large,enfermés au milieu de deux lignes pa-rallèles, la terre dentre-deux emmon-

celée en voulceure ou rond , pour vuiderleau des pluies ès costés et parties basses.

A lentour de Montargis , par petits sil-lons , de quatre à cinq raies. Et tant y ade diversité au labourage , en ces quar-tiers, quy prenant garde de près, lontreuvera icelui varier beaucoup , despuisladite ville, jusques à Paris : la terre doncestant maniée en cinq ou six façons, dansce petit espace de pays , que peut-on diredune mer à lautre ? En lIsle-de-Franceet en plusieurs autres endroits , les terressont ensemencées à la berce, et par con-séquent , le plan en est rendu uni en per-fection, comme prairie, sans crainte despluies ; bien que le pays soit plat. Par En ces pro -toute la France , Beausse, Picardie, Nor- ZT'bJtïu'àmandie, Bourgongne, Champagne,Berri , cou ,er '-Soulongne, Poictouj et généralement èsprovinces approchansplusdu froid que duchaud, les blés estans moissonnés, sontincontinent portés en gerbe dans les gran-ges, et battus à laise, durant lhyver.

Au contraire, à descouvert, à laire,avecpromptitude , durant les chaleursquartiers tendans au midi, comme en Pro­ vence , Languedoc, la plus-par t du Dau-phiné , principauté dOrange , comté deVenaissin et son voisinage. Encore tous nesaccordent ni au moissonner ni aubatre,quon ny recognoisse de la différence èsfaucilles, fléaux, Yans , et autres outilsdésignés à tels usages, ensemble à leurmaniment. Mesme, touchant la sépara-tion du grain davec la paille, quelle con-formité y a-il du batre avec le fléau, aufouler des bestes, bien-que par ces deuxcontraires chemins on parvienne londésire ? Pour telles diversités donques,nest nullementpossible, non plus que né-cessaire , prescrire certaines ordonnances

ci à descouvert.

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