DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
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S’arrêteraux bonnescoustumes aufaict du la-bourage estchose seure.
Des bestesdu labou-rage.
et loix sur le labourage et conduite desblés, pour s’y assujettir : de quelle espècedebestail, de quelle façon de charrue, socet coutre, l’on s’y doit exactement servir ;ains est besoin laisser aux usages, leursaccoustumances, mesme en ce dont dèstout temps de père-à-fils, l’on s’est bientreuvé : pour le danger de perte que toutemutation porte avec elle. Ce qui raison-nablement a faict proférer cet oracle à
Caton , ne change point de soc, ayantpour suspecte toute nouvelleté. Et defaict, ceux-là se sont plustost faict admi-rer , qu’imiter, qui ont inventé des nou-veaux socs, tant a de majesté l’antique fa-çon de manier la terre, de laquelle l’on nese doit destourner que le moins que l’onpeut, et avec grandes considérations. Il estvrai, que comme les esprits des hommess’affinent tous les jours , et que pour leprésent nous pouvons sçavoir ce que nospères ont sceu le temps passé , avec ju-gement y pourrons-nous ajouster quelquecas de nos inventions expérimentées, pourservir d’adresse à la conduite de nos af-faires , ce qu’on ne doit opiniastrementrejetter. Mais c’est toutes - fois avec unjusques-où, pour ne s’abandonner à toutessortes de nouvelles inventions , de peurque par mauvais rencontre, on ne cliée enmoquerie, estant ce tous-jours le guerdond’une curiosité par trop grande (9).
Les beufs, chevaux, mulets, mules,et asiles, sont les bestes employées en toutpays au labourage des terres-à-grains (lesseuls hommes à bras, les cultivent en cer-tains endroits, mais où elles sont en petitequantité ) et desquelles on se sert, selonla commodité des particulières espèces dece bestail, le naturel des fonds, et lemoyen des peuples. Les premiers labou-
rages ont esté faicts avec des beufs, aprèsavec des chevaux, puis avec des mulets,et finalement avec des asnes j y employantaussi par nécessité , les femelles de cesanimaux, bien qu’à ce les moins propres,exceptées les mules , qui en ce servicesurpassent les mulets.
Le beuf remue plus profitablement la Du hfufterre argilleuse et pesante, que nulle autrebeste j pour la force qu’il a plus grande ,que ni le cheval, ni le mulet, ni la mule,ni l’asne. Il est de facile entretenement,despend peu en son vivre ordinaire ,simple en ses harnois, ne lui estant né-cessaire 11e fer , ne cuir, ne bourre. Il estpeu sujet à maladie , et malade, d’aiséeguérison : est d’assés longue vie, laquelleayant usée à nostre service, engraissé, estpuis tué pour la provision de la maison .la fournissant de chairs , de graisses, etde cuirs : ou est vendu pour en tirer del’argent. Mesme d’aventure s’espaulant,se rompant une jambe , ou mourant paraccident, peut estre tous-jours employé àtelsusages. Siquenepouvés jamais perdreen telles bestes.
Mais le cheval est la beste de labou- D " chc ' aLrage la plus difficile à entretenir, de plusgrande despence que nulle autre en sonvivre, harnois et fers : sujète à maladie,et de longue guérison, n’estant d’autreespérance que de son travail , veu que sachair ne sa peau ne sont d’aucun serviceau mesnage ; car vous perdés tout-quitele cheval, s’il s’espaule , s’il se rompt ous’estorcl une jambe, ou s’il meurt par ac-cident ou par vieillesse : comme de mesmeest il des mulets et asnes. Et comme enceste qualité le cheval cède au beuf, aussien son labeur il le devance de beaucoup ,pour la vistesse de son pas , dont il remue