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Tome I.
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SECOND LIEU

Vuet demule.

tn u letta

plus de terre en un jour, que le beuf nefaict en quatre. Pour laquelle cause est-ilprisé en ce service par dessus tout autreanimal ; aimans mieux les bons mesna-gers se mettre en despence et liazard, quede faire traisner en longueur tout leur la-bourage , auquel consiste toute lespé-rance de leur négoce (10).

Les mulets et mules costoyent de prèsles chevaux en ceste action, pour leur di-ligente et vigoureuse force : en ceci lessurpassans , que destre plus f aciles à nour-rir etmoins sujetsàprendrcmal. Les che-vaux , mulets et mules sont aussi em-ployés à la selle , au bast et à la charretepour plusieurs et divers services , lesbeuf s ne peuvent attaindre, nestans pro-pres, outre le labour de la terre , quà ti-rer la charrete, et traisner grands far-deaux , à quoi toutes-fois les chevaux necèdent nullement.Defaict aux plus grandslabourages, le service du beuf nest guèresen usage, ains celui du cheval et de la mule.

La commodité que la France et pro-vinces voisines ont davoir et nourrir deschevaux, faict quelles se servent plus di-ceux en leurs labourages, que dautres es-pèces de bestes : j oinct questant leur payspour la plus-part terre grasse , les piedslarges des chevaux ny enfoncent si fort,comme ceux des mulets et mules, quiles ont estroits et pointus. Comme delautre part lAuvergne, nourrissant desmulets et mules en abondance, en fournitses voisins de Languedoc , Dauphiné , etProvence , esquelles provinces, tant pourla propriété de la terx e , qui nest généra-lement des plus grasses, que la disete da-voines , les mulets et mules sont retenuspour leurs labourages : les beuf s aussi enplusieurs endroits y sont employés.

Quant aux asnes , en quelque partquon soit lon en recouvre facilement, etde mesrne les entretient-on, voire des-pendent-ils moins quaucune autre bestede service ; dont se rendent propres pourpauvres gens : encores faut que la terrequils labourentsoitlégèreet sablonneuse.

En plusieurs endroits de lAuvergne , duPoictou, de laGascongne, du Languedoc ,et voisinage, lon se sert au labourage in-différemment de toutes bestes de labour,selon les affections, moyens, et coustumesdes lieux, dont chacun faict ses affaires lemieux quil peut.Parquoi sans saffection-ner plus sur une espèce de bestail que surlautre, non plus quès façons des char-rues , socs et coutres, nous-nous servironsde celles que lusage commun recomman-de le plus, et la raison ny contrarie, par-ce principalement, quavec plus de facilitétreuvons - nous des laboureurs propres àconduire la sorte de bestes quils ont pra-tiquées , que ne ferions pour en gouver-ner dautres contre leur coustume pourla grossesse de lesprit de telles gens, quidifficilement se ployent à faire chose nou-velle , quoi-que facile et de grande utilité.

Seulement le mesnager se pourvoira debon et puissant bestail, plustost grand quepetit, jeune que vieil : et en telle quan-tité , que la faculté de son terroir le requer-ra. Tous-jours les plus grandes bestes nesont bonnes au travail, mais bien sou-vent celles de moyenne taille et ramas- Èucthusées, sont vigoureuses. Et comme les pluspetites, pour leur foiblesse, sont rejettéesdu labourage, aussi à celui ne sont propresles trop jeunes , quoi-que grandes : parceque la besongne ne sen faict jamais bien,et se gastent entièrement par travaillerplus jeunes que de quatre ou cinq ans. Par-

quoi