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Tome I.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

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quoi convient avoir patience à ne les aban-donner au grand labour avant que avoirattaint tel aage (i 1). Quand il saccordequavec la grandeur et grosseur du corps,elles ont le courage de mesme, cest toutce que pouvés désirer de tel bestail, dela race duquel estant une fois pourveu,ayant des estalons , jumens, taureaux ,vaches, asnes et asnesses ainsi qualifiéset provisions dberbages pour leur entre-tenement, ne soyez si mal avisé de ne laconserver chèrement, en subrogeant tous-jours des jeunes aux vieilles bestes. Des-quelles , nées chez vous, tirerés plusgrand et plus long service, que si les re-couvriés de loin, par se treuver mieux àleur propre aer, quailleurs. Et touchantles beufs, outre le service du labourage,tant plus avés de profit de leur despouille,que plus grands et corpulens ils se treuvent.

s* bien Les bestes du labourage, chacune se-ioge et mur- j on son na t ure l ? seront bien logées enpropres estables , bien nourries , pan-sées, estrillées et caressées de la mainet de la voix, peu ou point batues , depeur de les rebuter, mais convenable-ment employera-on les coups. Selon leursespèces, aussi leur façonnera-on la char-rue , le soc et le coutre, a quoi le labou-reur se plaira , comme à ses principauxoutilspourles tenir tous-jours enbon train,leur fer bien forgé et acéré pour trencheret arracher profxtablement et terre et ra-cines. Desquels outils il aura provision ,pour suppléer au défaut de ceux qui sepeuvent esgarer ou rompre sur la be-songne, afin de nestre contraint à les re-faire en beau-temps, lors quil convientsemployer à la terre. Le laboureur ne

Bien con- 4

travaillera ses bestes en temps pluvieux,negeux, trop froid, ne trop chaud, maisThéâtre dAgriculture } Tome I.

duict au trarail.

leur fera bien employer la bonne saison,sans en rien perdre. Se gardera les mor-fondre en aucune façon, mesme ne leurpermettant manger ne boire, avant estrerefroidies de leur sueur. Préviendra lesblessures et déferrures $ les visitera sou-vent, mesme tous les soirs par tout lecorps , jusquaux pieds, pour les nettoyeret leur oster les pierres et espines qui sou-vent sy attachent, sur-tout en ceux desbeufs qui y sont sujets. Aux chevaux,mulets et mules, donnera de lavoine tousles soirs, leur mesure ordinaire, plustoutes-fois à ceux- quà ceux-ci. Auxbeufs, quelques poignées de sel durantlesté, un jour de la semaine, dont onleur frottera la langue : observant ceci,que le lendemain veulent se reposer, cestpourquoi le vulgaire entre les jours de lasemaine, tient superstitieusement le seulsamedi estre bon à ceci : leur frottera quel-ques-fois la langue avec du vin et du vinai-gre , pour leur faire avoir bon appétit : etpour garder que le joug ne les blesse, met-tra sous icelui, à la teste ou au col, des piè-ces de drap ou de feutre. Quant au tiragedes beufs, ou par la teste ou par le col, ily a delà dispute, pour discerner la meil-leure des deux sortes, venue à nous dèsle temps des anciens ; de laquelle fàictmention Columelle , qui rejette commeinutile, le tirer la charrue par la teste, etseulement prise celui du col et de la poi-trine : disant, le beuf avoir plus deforce quaux cornes. Son avis est receu dela plus-part des bouviers daujourdhui :mais non approuvé par ceux qui font ser-vir leurs beufs à double usage, au la-bour de la terre , et au tirer de la char-rette. Dautant que bien , ni à propos ,la charrette ne se peut attacher quaux

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