DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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grand trouppeau : afin que d’entre plu-sieurs d’icelui, on en puisse choisir desbrehaignes , et autres plus dispostes, lesfaisans travailler seulement quelquesheures du jour : ainsi, ayant des vachesde relais ( comme chevaux de poste ) lecoutre ne séjournera jamais, et les ma-mans par tel ordre, avec douceur, utile-ment l’on s’en servira sans grande tare deleurs portées ne laictages (î/Q-xm,on r „ur A la provision du bestail et des outilsum™ l ° du labourage, nous ajousterons la Sai-son , pour la prendre telle qu’il appar-tient, sans la laisser escouler : le dangerestant tout apparent, que quand par fautede n’avoir prins à poinct-nommé la faci-lité de labourer nos terres, provenue dubénéfice de la saison, icelle passée , ne lapouvons par-après que mal-aisément re-couvrer , et jamais ne se peut, qu’à l’in-térest du labourage. Et comme ce n’estpas tout de bien courir, mais de despar-tir de bonne heure ; ainsi est-il du labou-rage , lequel de nécessité faut commencertost, pour n’estre contraint le finir tard :ains pour le parfaire à temps et à projios,est requis d’y mettre la main avec dili-gence, dès aussi tost que la saison de tra-vailler apparoist.
Le trop tarder en faict de labourage ,
Est la ruine entière du mesnage.
A ce commandement antique joindronsceste maxime, laquelle commencera nos-tre labourage:
Maxime De ne cultiver jamais la terre es-
nécessaire, ,
s ui eu de TANT TROP SECHE , OU TROP HUMIDE.
Quelle qu’elle soit de ces deux extrémitésnous ravit le plus important de nostreagriculture, qui est le milieu , tant désirépour tous ouvrages. Craignans donques
Ve lalou- \ , °. , T
rer la terre de tumber en quelqu une d icelles, nous-
nous garderons de faillir en ce poinct,que de mettre le coutre en nostre terroirau temjis d’extrême sécheresse : de peurde le morfondre, et par conséquent le gas-ter pour long temps. Car l’ouvrant lors,c’est lui oster ce peu d’humeur qui luireste pour son entretenement, dont troparide demeure-il par-après , impropre etcomme inutile à recevoir les bonnes se-mences : au lieu desquelles se fourrent demeschantes et nuisibles herbes , commeentre autres l’ivroie prend sa naissance dela sécheresse; etsonaccroistde l’humiditéde l’hyver suivant (i5). Aussi ce mal enavient, que défaillant l’humidité requisela terre pour sa durté, ne se peut manierà propos , empeschant le coutre d’y entreravant, et de jouer en ligne droicte ; ainscontre les préceptes de l’art, le faict allerinégalement et par le fonds et par les cos-tés ; si que la terre ne se peut briser, donten reste beaucoup d’entière et ferme, sansestre attainte ni aucunement touchée dusoc. En outre, ceste perte y est toute ap-parente , que le bestail du labourage s’yconsume , par travail trop importun, n’ypouvant faire un pas, que forcément etavec contrainte. Les charrues, coutres ,et socs s’y rompent aussi fort facilement;et pour augmentation d’incommodité, labesongne ne se peut beaucoup avancer :se voyant par expérience , une couple debestes faire plus en un jour , treuvant laterre bien disposée, qu’en trois ne quatre,si elle n’est ainsi qu’il appartient ; obéiradonques nostre inesnager, à ceste défence
en temps desécheresse,
Qu’au fonds qui est sans humeur,Ne touche le laboureur.
sur-tout tant plus sablonneuses sont lesterres ; dont le dessécher par culture, lesprenans hors temps, et non tempérées de
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