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Tome I.
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SECOND LIEU

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plaies ou fortes rosées , empire beaucoupleur première qualité.

d-hu- Non plus labourerons-nous nos terres

' estans trop humides, car par limportunehumidité, devenans fangeuses, sendur-cissent par la sécheresse suivante, commemortier sec. Si que presques autant vau-droit jetter la semence sur des pierres,que sur telles terres : lesquelles tant pluscraignent-elles ce mal, que plus elles sontargilleuses( au contraire des sablonneuses,comme a esté dict) : par telle imprudenceet ignorance le terroir se corrompt pourplusieurs années, ne pouvant estre remisquà la longue, avec grand labeur, et parle bénéfice des meilleures saisons. Aussi,tous les meilleurs mesnagers, antiqueset modernes, ont en horreur tel manie-ment de terre ; saccordant à ce dire,

Quil vaudioit mieux faire le fol,

Que <le labourer en temps mol.

Nous ajousterons les glaces de lhiver,

J ni ' pour les éviter autant soigneusement, queles sécheresses et humidités précédentes.Le sçavant laboureur pendant que sa terreest affermie par les glaces, ny touche au-cunement 5 ains avec jmtience laisse pas-ser leur cliolère. Car aussi ny gaigneroit-ilrien, non-seulement à cause de la du-reté du fonds, le soc ny pouvant entrer $quaussi sen efforceant, seroit en dangerde gaster son bestail, et rompre ses ou-tils. Les bonnes gens de village appellent,saigner la terre, quand on la remue horstemps, contans pour lun des plus re-marquables, celui des gelées : lesquellessi pour quelques temps destournent le la-bour de la terre, par-après récompensentbien telle tardité, en laissant la terre fa-cile à manier, souple et cuite, deschargéede plusieurs malignes semences et racines,

que les glaces auront tuées par leur aspre-. Donques,

Pendant les glaces de Ihyver ,

Ne faut les terres cultiver.

Ainsi lont ordonné nos ancestr es, etpour-veu quelles viennent en droicte saison, quivers le mois de Janvier, cest grande es-pérance davoir bonne cueillete. Défail-lans lors les glaces et gelées, les mois sui-vans en seront chargés avec grand destracdu labourage : dautant que selon lordreque Dieu a establi en nature, faut quelhiver se descharge en quelque temps :qui vient tous-jours mieux à propos, tost,que tard; dont lon dict,

Que si Janvier est bouvier,

Nest pas ne Mars ne Février.

Or puis qvie le tempérament des temps Mah enavec la terre, cause au fonds ceste tant de- tai° n ,em ~

' > perce,

sirée facilité de culture, pour sa fécondité :il sensuit quil est nécessaire despier cu-rieusement ce poinct-, pour lemployeravec diligence, et sasseurer, comme dictle vulgaire, que

Mieux vaut saison,

Que labouraison.

Ceci sera noté, que les terres sablon-

' t Divers na»

neuses et sèches, veulent estre labourées tmel dft

>1 1 / >1 /l terres pour

plustostenl humidité^ qu en la sécheresse: w «pp-au contraire , les argilleuses et humides , boutage ,en la sécheresse, quen lhumidité. Quetant plus gras, fort, et fertil est un ter-roir, tant plustost, tant mieux, et pluslonguement désire estre cultivé en touttemps, pour le descharger delimportunitédes herbes dont il abonde. Le maigre etléger, ne requiert tant de façons : mesmede nestre guères remué en esté , de peurque la chaleur nen espuise toute la subs-tance. Mais bien ès autres saisons, spé-cialement de lautomne et de lhiver, veut-