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Tome I.
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Ki la char-ge.

Perret ad-muablcmentjertilct.

DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

il estre labouré , pour le grand secoursde leur humeur en terre légère, à laquellesincorporant de longue-main, la prépareà recevoir toute sorte de grains, avec pro-fit. En somme, toutes terres, grasses oumaigres, sèches ou humides , demandentdiligente culture, selon leurs diverses qua-lités , sur toutes celles qui proviennent dela bonne saison ; dont une seule oeuvredonnée à propos, profite plus , que plu-sieurs autres : saidant lors la terre à re-cevoir le bon traictement, quand elle estbien disposée avec contentement du la-boureur : qui sous la faveur céleste, pourloyer de son industrieuse diligence, reçoitles fruicts de ses champs à mesure de sonlabeur.

Non moindre considération doit avoirle père-de-famille à la recerche de la fa-culté et portée de ses terres, quà leur cul-ture , à ce que chacune de ses parties soitnon-seulement employée, en ce elle setreuve propre, mais chargée de ce que jus-tement, et non plus, elle peut porter, depeur que succombant sous le fardeau,comme bestes de voiture , par trop de pe-santeur, ne fussent daucune utilité. Etj>our tenir tous-jours les terres en bonnevolonté est requis les charger moins, quetrop : ainsi nen espuisant toute la graisse,on les treuvera tous-jours disposées autravail.

Les extrémités de fertilité dont F linefait mention , sont admirables, célébrantplusieurs terres pour leurs estranges fé-condités. A Bizatium de Barbarie, la terreproduit cent cinquante pour un, bienquelle soit très-difficile à labourer, es-tant sèche j mais humide, si aisée, quunjneschant asne accouplé avec une pauvrevieille, la cultive facilement : preuvant ce

grand rapport, par une plante de froment,en laquelle y avoit quelque peu moins dequatre cens jettons et espis sortis dun grainet attachés à une seule tige , envoyée àlempereur Auguste , par le procureur gé-néral dAfrique . Dict aussi Pline , y avoirdes terres en Égypte , en Sicile , et enGrenade, qui rendent ordinairement centpour un : et vers Babylone , les terres estretant copieuses en grains , quaprès avoirtondu deux fois les blés en herbe, et puisfait dépaistre les moutons dessus, rap-portent encores cinquante pour un , reve-nant jusques à cent cinquante, lors quonles mesnage bien. Mais par-sus tous cesadmirables terroirs, il faict cas de celui deTapace, cité près de Tripoli de Barba-rie ; mesme de la merveille dun olivierfort grand et large , sous lequel estoitplanté un palmier : sous le palmier , unfiguier : sous le figuier , un grenadier :sous le grenadier, une vigne : sous la-quelle on semoit du froment, puis des lé-gumes , et pour fin, des herbes potagèresdans un an : disant telle miraculeuse fer-tilité provenir, tant de la bonté du fonds ;salubrité de laer, que de larrousementdune excellente fontaine, dont tel terroiraucunement ne pouvoit succomber sousle labeur et charge, commentquon lema-niast, tant il estoit fertile. Les vignes ences quartiers-, produisoient des raisinsdeux fois lannée: aussi sy vendoitsi bienla terre, que quatre coudées, encores me-surées le poing fermé, coustoient quatredeniers, valant alors chacun, dix livresdargent.

Lévangile en la comparaison des se-mences , nous monstre les grains de bléau pays dOrient, produire lun , cent :lautre, soixante: et lautre trente. Isaac