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DU THEATRE D’AGRICULTURE.
Brusler
feula.
Moyenpour donnerla premièreoeuvre.
gérer et jascliérer ; en Normandie , frois-ser la jaschère, et en Languedoc , mou-voir ) sera le plustost que faire se pourraestre moissonnées, voire incontinent leblé estre enlevé , après toutes - fois uneforte pluie, laquelle ayant tempéré l’ex-cessive chaleur de l’esté, et aucunementrafreschi le champ altéré pour son port etprécédent travail, le regaillardira, en luifaisant reprendre nouvelle force , et faci-litera le premier labeur, qui sans eau nese doit entreprendre. Moyennant laquelleoeuvre , la paille des chaumes et estulesrestante droicte des blés, se meslera avecla terrepour lui servir d’au tant d’amende-ment. Plusieurs mesnagent encores mieuxl’esteule , en la bruslant sur la terremesme , dont par le feu se prépare lefonds à recevoir le coutre, et se descharged’infinies racines , semences et bestiolesnuisibles , nourries avec les blés : moyen-nant que la pluie survienne sur tel brus-lement, laquelle , de nécessité, convientattendre, et fuir les vents pour les raisonsdes essars. Et combien que ce ne soit quefeu de paille , ne doutés pourtant iceluin’estre fort profitable , plus toutes - foisès grasses et fertiles terres, qu’ès maigreset foibles : d’autant que plus abondent lespailles en celles-là, qu’en celles-ci, aug-mentans la raison de ce mesnage. Vir gile approuve ce bruslement ; et la pra-tique des bons mesnagers l’a auctorisé dèslongtemps, si qu’il ne faut douter de sa va-leur, qu’on recognoistra par l’usage (18).Pour aisément donner ceste premièreoeuvre , le laboureur ne profondera le socguières avant dans la terre, mais seule-ment y entrera quelques quatre doigts /et pour mesme cause, fera ses raies fortprès l’une de l’autre et droictes, dont n’y
aura partie aucune en la superficie de laterre, qui ne soit attainte du soc , et oùle bestail ne travaille gaiement, en don-nant ainsi peu de terre au coutre, qui parce moyen marche sans s’efforcer. Si c’estenplanure, Ielaboureurprendrale champdu costé qu’il voudra, toutes-fois le meil-leur sera , à ceste première oeuvre. encroisant le précédent labour , avec lequelil fut ensemencé au soc , pour en cestui-ci commencer à bien rompre la terre. Maisen coustau rude ou montaigne, ne doit ve-nir que de l’endroit le plus aisé , qui està travers du champ et comme à niveau : àce que lui et ses bestes y ouvrent avecmoins de travail. Aussi marchera-il tous-jours dans la raie du labour, y tenant sesdeux pieds ; tant àce que le guerest ne soitfoulé en le trépignant, qu’aussi pourmieux viser la besongne, et en bon maistrefaire les lignes droictes en perfection; dontne pourroit venir à bout, se tenant decosté , comme font plusieurs ignorans.Aussi est nécessaire que le laboureurporte tous-jours quand et soi une hachependue à sa ceinture , ou attachée à sacharrue , pour raccoustrer de la charruece qui s’y destraque, et pour coupper lesbranches des arbres empeschans son librepassage et de ses bestes , aussi les racinestrop fermes ausquelles son soc s’attache,sans s’efforcer de les rompre par la vio-lence de ses bestes, de peur de les affoleret briser la charrue. Lesquels arbres le la-boureur espargnera tant qu’il pourra, segardant de les heurter ni avec ses bestes ,ni avec le soc en approcher de trop près,à ce qu’avec le trenchant d’icelui, il n’encouppast les principales racines. Cesteavancée culture semblera à plusieurs plusprofitable, qu’agréable, leur ostant deux