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Tome I.
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SECOND LIEU

commodités : lune de la nourriture dubestail lanu, qui despaist longuement surles esteules, en mangeant les herbes par-creues avec les blés : lautre, quen diversendroits de la France , recouppent avecdes faucilles ou grands couteaux emman-chés avec des bastons, les chaumes res-tans des blés, pour servir en couverturesde maison, pour chauffer le four et dres-ser la litière aux bestes, faisans tel mes-nage à laise, durant lhyver, à peu defrais , par femmes et enfans. Dailleurs ,quils cuident navoir lors loisir de tra-vailler à telle culture , ains estre requisplustost demployer le temps à achever cequi reste de la préparation des terresquon appreste à ensemencer , la saisontalonnant de près , quà commencer unenouvelle besongne. Ceste dernière raisonpourroit avoir lieu, défaillant le temps :mais le prudent mesnager gardera quecela navienne,si estant accommodé dher-bages, ainsi quil appartient, il se fournitde bestes à suffisance , pour pouvoir satis-faire à tout. En la Camargue près dArles ,joignant la rivière du Rosne, du costé deLanguedoc , à lemboucheure de la mer Méditerranée , pour labondance des bonsherbages lon entretient nombre infini debouvine : d avient, quon ne lespargneau labourage des terres à grains , don-nans à chacun coutre quatre ou six grandsbeufs. Non quils tirent tous à la fois, carcest seulement par couples quon les faicttravailler : par intervalles es tans mis ,ostés, et remis au joug, de telle sorte, quechacun couple ne travaille que la moitié,le tiers, ou le quart de la journée. Dontlœuvre sen avance très-bien, car pouravoir souvent des beufs frais, le laboureurne cesse jamais daller le grand pas. Aussi

les gens du pays appellent, araiyre-cou-rant, le soc ainsi garni de plusieurs bestesde relais. Par cest ordre , les mesnagersexpédient leur labourage comme ils veu-lent, choisissanslesbonnessaisons, nem-ployans jamais les mauvaises que par né-cessité. Si que , et lordinaire culture sefaict à plaisir, et les semences se jettent enterre au temps que le laboureur lordonne :par prévenant les difficultés que tous-jours expérimentent ceux qui retardenten cest endroit. Quant aux deux autresprétendues raisons, je ne treuve estre mes-nage , que pour un peu dherbe et depaille quon peut profiter sur ses esteules,lon se doive priver de ceste grande quan-tité de blé , que telle primeraine et avan-cée culture promet avec raison ; car cestchose asseurée questant la terre ainsi ma-niée de longue-main , elle donne lieu auxgelées, froidures, pluies, et vents de lhy-ver, qui la disposent à parfaictlabourage :dicelui aussi bannissant de bonne heure,les herbes et plantes malignes , dont laterre est rendue facile à estre labourée.

Après ceste première œuvre, ne pen- Secondesera à rien plus le père-de-famille , quàfaire ses semences sur les terres ja prestes,postposant toutes autres affaires , à telleimportante besongne. Mais icelle expé-diée, reprenant ses erres , retournera àson labourage, de telle sorte que devantNoël la seconde façon (en France , et enplusieurs autres endroits appellée, bis-ner ) soit baillée à ses terres de relais : les-quelles , remuées de frais, les froiduresde la saison pénétreront à propos, pourles bien préparer : dont aviendra, que de en hors , ne pourront estre mal labou-rées, facilitant les subséquentes œuvres.

Le nombre des œuvres requises aux la^ L * mbre

bourages