DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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des œuvres ,requis selonla faculté dufonds } et
Selon sonassiete.
Commentlabourer laterre qui esten pente.
bourages ne se peut désigner, pour n’estretoutes les terres généralement d’un natu-rel. C’est bien chose confessée d’un cha-cun , que , comme a esté dict, tant meil-leures sont les terres, tant plus coustent-elles àlabourer : et partant de peur de lesabuser, ou plustost de nous tromper nous-mesmes, les labourerons selon leur natu-rel , les unes plus, les autres moins defois : néantmoins si bien toutes , qu’au-cune motte ne partie de terre affermie n’yreste : réitérant le labourage à mesurequ’on verrale guerest, dont il en sera entièrement des-chargé ; afin que net en perfection, puisseestre capable de recevoir les semences.L’assiete des terres gouverne aussi de sapart, et le nombre des oeuvres et la façonde chacune d’icelles. En terroir pendant,pour l’importunité des pluies qui enavalent la terre mouvée de nouveau , nepeut-on tant donner d’œuvres, qu’en plat :ni en cestui-là , labourer tant librementqu’en cestui-ci : à raison de sa pente, quine soufire l’entrecroisement des raies parangles droicts , comme à volonté cela sefaict en planure , d’autant que le bestailne peut directement monter contremont.Parquoi en ce cas faudra un peu biaiser ,faisant qu’une fois le laboureur, marchantà travers le coustau, ne le prenne du toutà niveau , mais un peu en montant d’uncosté, et en descendant de l’autre. Ainsien suite baillera-on les autres œuvres ,dont le labourage se croisera , non àangles droicts, ains à obtus et aigus oucomme l’on dict, en tenaille : et par cemoyen la terre , quoi-que plan assés bi-gearre, se maniera raisonnablement bien.En la Beausse et ailleurs, où les terressont labourées par sillons voutoyés, ainsiThéâtre d’Agriculture , Tome I.
rebourgeonner les herbes sur
qu’à esté représenté, on est contraint deles prendre tous-jours d’une sorte, c’est àsçavoir de long en long, dont lelabouragene se peut entrecroiser : à quoi convients’assujettir, puis que sans confondre l’or-donnance de tel labeur, le bestail ne peuttraverser les sillons en ouvrant. Combiennécessaire est l’observation des bonnessaisons, et pourquoi 5 combien patiem-ment veulent-elles estre attendues et dili-gemment employées , n’en sera discouruplus avant. Seulement à ce que le père-de-famille n’oublie ce très-notable ar-ticle , mettra en ses tabletes ce beau traictde Virgile,
Non non , ce n’est pas la culture,
(Par n’estre tous-jours chose seure)
Qui remplit de fruicts la maison ;
Mais c’est bien plustost la saison.
par lequel il nous invite a marier la dili-gence avec la bonne saison, qui est le vraipoinct de prendre la terre pour en avoirprofit.
Or comme les semences des blés hy- œ fhT",mî-vernaux, suivent de près la première fa- vantC! 'çon de nos terres de relais 5 de mesmecelles des printaniers viennent après laseconde : lesquels blés estans mis en terreen leur saison , la troisiesme œuvre seradonnée à nostre labourage : ce qui pourraestre vers le mois de Mars. Et de là enhors , durant le printemps et l’esté y re-tournera-on autant de fois, que le loisirle permettra, et les herbes croissans èsguerests , le contraindront : excepté èsmois de Juillet et d’Aoust, auquel temps,est défendu de toucher au labourage, sansle secours des pluies (19). Car de remuerla terre durant les extrêmes chaleurs etsécheresses , nullement ou peu arrousée 5c’est la corrompre : attendu que le peu