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Tome I.
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

12.0

munément au soc. Les terres ainsi ma-niées à la longue, seront mises au poinctrequis : et cas estant, que par le bénéficedes pluies , puissent avoir leur dernièrefaçon sur la fin du mois dAoust, ce serale comble de leur bon traictement. Deen hors, en attendant le temps des se-mences , autre peine ne sen faut donner :car aussi seroit - elle plustost nuisible,quutile, destournant la parlaicte cuissonde la terre.

Quriu dif- Ce poinct de culture est remarquable,qui è, vu- que les oeuvres du labour des terres , selcùrfgl l doivent quelque peu diversifier par entre-elles : faisant plus sommairement les jire-mières, que les secondes : celles-ci, queles troisiesines ; ainsi des autres : cest àdire , quil faut prendre moins de terredu fonds et des costés au commencement,quà la fin, selon lordre des œuvres. Enquoi toutes-fois ny a certain limite, ouce seroit que par expérience on eust re-cogneu la terre estre au fonds infertile,ou pour sa crudité, ou pour son amer-tume , ou pour autre cause, car en ce cas,ne faudroit y entrer troji profondément ;ains seulement autant quil seroit requispour le bien du labourage. Ceci se pra-tique en Languedoc , depuis Beaucaire jusquà la mer, et par toute la Camargue, estant la terre salée au fonds, le labou-reur nen prend que trois ou quatre doigtsde la superficie : allant à cela tellementretenu, quil sasseure gaster ses guerests,pour nen tirer aucun blé de plusieurs an-nées,sil soublie dyprolonder plus avant,de peur que la terre du fonds qui est salée,venant au dessus, se réduise en Sensouïre,mot duquel on use pour exprimer le vice deladicte terre, lequel saugmente à mesureque la terre sent la chaleur du soleil (20).

Et se recognoistnotoirementla Sensouïre,à certaine humidité que la terre rend enpetites et diverses places , tant maligne,que le lieu elle est formée ne produitni blé ni herbe dont il en est rendu infer-til. Naturellement se forme la Sensouïre,quand les eaux des estangs versent sur lesterres voisines, y laissans du limon infec- de la malice du sel, duquel elles sontincommodées pour long temps. Au con-traire, naturellement en est-elle guériepar leau de la rivière du Bnsne, laquelleinondant les lieux dont est question, ycharrie de la graisse tant fertile, que lefonds sen emmeliore beaucoup. Mais es-tant incertaine lattente de tel bénéficenaturel, faict que par artifice est remédiéau mal ; cest en couvrant la terre avec dela paille blanche, y en mettant la hauteurde trois quarts de pied , la laissant con-sumer sans aucun labourage. Et ce seraencores avec beaucoup plus defficace, sile parc à moutons et à brebis couche pardessus la paille ; dont le fumier procédantde tel bestail, pourrira la paille au grandprofit du champ. Le terroir sujet à la Sen-souïre ne craint nullement la mauvaisesaison : car il est utilement labouré entout temps ; sec , et humide : chaud , etfroid 3 ainsi se compensans les commodi-tés avec les incommodités.

Par le contraire, la bonté de la terrepénètre beaucoup, trop ne la pourroit-onprofonder : ains sera bien mesnagé, de lafouiller avant j afin que meslée avec cellede la superficie, communiquent ensembleleurs facultés, pour le profit des blés quiy seront semés. Ainsi quheureusement cemesnage se pratique au pays de Clèves,par certains vertueux personnages , quiavec industrieuse dextérité , font passer

Q 2

Sensouïre