DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Septembre, après que les grandes cha-leurs seront passées, évitant par ce moyenle liasle du soleil, qui les desséclieroit partrop : j’entens touchant les terres de re-pos , qu’on prétend ensemencer les pre-mières. Toutes-fois ès-environs de Paris l’on n’attend le mois de Septembre pourcharrier les fumiers sur telles terres, ainsc’est dans le mois de Juin , couvrant alorsle fumier, avec un labour, qui est celuiappelle* bisner. Avec discrétion sera dis-tribué le fien du colombier, de peur quepar trop grande quantité la semence n’enfust bruslée : parquoi, on le sème par laterre à la façon du blé, et presques aussirarement. De mesme faict-on de celui dupoulallier, d’autant qu’ils symbolisenten-semble en vertu et chaleur , tous deuxcausans grande abondance de grains. Etnon seulement ès terres labourables, etaux prairies, sur toutes à celles d’abbreu-vage, les fumiers de telle volaille sont degrande utilité, mais aussi aux vignobles,esquels , spécialement celui du pigeon ,faict produire abondance de bon vin : cequi n’avient par aucun autre fumier, quine sert que pour la quantité, demeurantle vin petit, de goust des-agréable, et su-jet à se corrompre. Le fien du bestail lanus’employe un peu diversement des autres :c’est que sans frais de charroi il se treuvetout porté sur les terres de relais, par lemoyen du parc où tel bestail, et le ca-prin, couche durant la nuit, la plus-partde l’année ; et qui s’y promenant à plai-sir, engraisse fort bien les terres. Demesme sans despence, est employé celuidu gros bestail, couchant en campagnedans le parc : mais le fumier, que toutesces bestes font dans leurs estables durantl’hyver, à la manière des autres, est
charrié où leur service est destiné. Plu-sieurs autres sortes de fumiers y a-il pourl’amendement des terres , qui toutes-foisne sont en usage par-tout, tant pour l’i-gnorance , que paresse des mesnagers.
La chaux neuve est de grande efficace La chaux.pour telles choses, laquelle meslée avecquelques terriers, balieures , ou autres fau ‘fumiers, et jettée au champ au commen-cement de l’hyver , l’engraisse très-bien :et selon son naturel chaud, tue les bes-tioles et les racines des herbes nuisantes.
En quoi la cherté n’est tant considérable,quoi-que la chaux couste de l’argent, quele profit en revenant, est asseuré, commece mesnage s’est dès long temps pratiquéaux pays de Gueldres et de Juilliers.
Les fèves engraissent les terres où elles £’*<«•&<• *.auront esté semées et recueillies, y lais-sans quelque vertu agréable aux fromensqu’on y faict par-après : mais plus grandeet plus profitable y sera-elle , si sans es-poir d’autre commodité que de la graisse,on laboure lesféves ja grandes et en fleur,environ la fin d’Avril, ou au commence-ment de Mai, renversant avec le soc toutel’herbe, en la meslant avec la terre, pourlà se pourrissant servir d’amendement,selon l’ancienne façon des MacédoniensetTliessaliens. Et s’il faict pensement aupère-de-fàmille , de gaster ainsi les fèvespresque prestes, qu’il considère que c’esttous-jours tout un, où il mette son argent,pourveu que ce soit à son utilité : s’asseu-rant que deux escus employés en fèves, àceste seule intention , lui porteront plusde profit, que six en fumiers. Telle ma-nière de fumer les champs , par les fèves,s’observe heureusement en Dauphiné versle Diois , un peu diversement toutes-fois :car ils attendentque lesféves aventgrené,