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SECOND LIEU
Des lupin
et après avoir exposé les gousses des fèvesaux pauvres, les leur donnans par au-mosne, avec l’herbe labourent le champ.Encores plus utilement font ce mesnage,ceux qui se servent des fèves à la mode deslupins , ci-après monstrée. Par ainsi ont-ils loisir de bien labourer le champ du-rant le printemps : et ceste commodité,que, pour semer, se servent des fèvescueillies la mesme année, y employansles menues et chétives, séparées des autresavec le crible (26). Aucuns avec raisongouvernent autrementlagraisse des fèves.En terre tenue en relais, bien labourée ,et, si possible est, fumée , sèment del’orge; après avoir cueilli l’orge, des fèvesd’hyver ; et icelles recueillies, l’année d’a-près , du froment ; lequel après avoirmoissonné et enlevé , la terre est labou-rée en sa saison, et laissée reposer un an,pour recommencer ce mesnage : dont laterre porte gaiement trois années de suite,et seulement s’en repose une ; ainsi semaintenant très-bien au labourage. Aussiengraissent la terre , les pois , la vesse ,les orobes ou ers, et autres légumes ; ex-ceptés les ciches , qui notoirement l’em-maigrissent. Le riz aussi sert en cest en-droit , mais l’on n’en peut faire estât cer-tain, pourn’estreeslevable en autre fondsqu’accommodé d’eau pour l’arrouser àtoutes heures.
Les lupins sont beaucoup à priser pourl’engraissement des terres , pourveutoutes-fois que le climat le permette. LesAnciens à telle occasion les semoient aumois de Septembre, et en renversoientl’herbe dans terre lorsqu’elle avoit jettesa seconde , ou troisiesme fleur : mesmeen semoient-ils parmi leurs vignes pourles engraisser. Mais la pratique de ce
temps-ici, en la Toscane , en Piedmont,et ailleurs , où tel engraissement est enun usage, monstre la droicte saison de se-mer les lupins, estre sur la fin du mois deJuin, ou au commencement de Juillet,sur les terres de guerest - vieux, qu’onprépare pour les blés d’hyver , lors queleur labour est fort avancé : donnant cetard semer , loisir de bien cultiver lechamp, ce qu’on ne pourroit faire parl’ordre antique. En ce temps-là doncquesavec un labour faict au soc, nous jetteronsla semence des lupins en terre : laquelletost après couverte et ombragée parl’herbe en provenant, sera conservée enquelque humidité : et par son amertume,toutes sortes de bestioles seront chassées,et tuées les racines et herbes malignes : sique le guerest deschargé de telles nuisan-ces, et engraissé par l’herbe meslée avec laterre par un labour donné sur le commen-cement de Septembre , sans attendre nefleur ne fruict, se rendra propre à rece-voir et eslever les semences des blés avecgrand profit. Par elle-mesme se conservel’herbe des lupins en campagne ouverte,son amertume lui estant asseuré rempartcontre toute sorte de bestes, aucune n’enosant approcher. Facilement , elle semeurt et pourrit, à cela n’estant requisque le seul toucher du soc. C’est aux terresmaigres où les lupins se plaisent, commeaussi à elles appartient proprement le mé-liorement. En ceste sorte l’on se prive dela semence des lupins , mais pour s’enfournir, il en faut semer et traicter à lamanière des autres légumes, comme seramonstré en son propre lieu (27).
La Marne ne doit estre oubliée , pourla grande vertu engraissante qu’elle a, àbon droict appellée d’aucuns , Manne.
F Une
La Marneest aussi bonfumier.