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Tome I.
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SECOND LIEU

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qués et bruslés. Et bien que les blés mar-sés et tremés ne soyent semés quaprèslbyver, le sçavant agricole nattendratant à fumer les terres il les voudramettre, ains à la seconde culture dicelles,qui pourra estre environ Noël , y espar-dra les fumiers qui auront esté faicts dansses estables, despuis les semences dhyverjusques à lors, pour de bonne heure in-corporer leur substance dans terre, à luti-lité susdicte. Sasseurant quainsi mesna-geant ses fumiers, ne faudra guières à bienrencontrer en telles semences , lesquellesbien souvent trompent le laboureur, parfaute de telle prévoyance. Les fumiers quise feront de Noël en hors , seront serréspour les blés hyvernaux, qui en serontdautant mieux accommodés , que la pro-vision en aura esté faicteplus grande. Tou-chant le fumier des jardins, grande su-jection ny a - il , pour la diversité desviandes qui y croissent ; lesquelles diver-sement aussi désirent-elles estre semées ,plantées, et par conséquent fumées. Maiscest leau qui fait valoir le f umier en cestendroit, de laquelle le jardinier se sertdurant tout lesté , selon son climat ; et demesme du fumier -, non toutes-fois en tellequantité, comme durant lhyver et autressaisons de lannée (3o).

CHAPITRE IV.Des Semences.

Lélection des bonnes semences est comm-

. *11 * ons sur ^ ei1 un des plus împortans articles du gou-

vernement des terres-à-grains, car quellecueillete que misérable pouvés-vous es-pérer des blés mal qualifiés , semés en vosterres , quoi - que bien labourées ? Cecidonne coup à nos tre mes nage ; donquesnous y regarderons curieusement, à ceque choisissans des bonnes semences ,nous puissions tirer profit et honneur denostre labourage. Pour un préallable,considérera le père-de-famille, quels sontles grains qui mieux fructifient en son ter-roir , pour les préférer à tous autres : etsuivant les précédens enseignemens, en-semencera tous-jours sa terre, des grainsque plus gaiement elle produit -, jamais deceux quelle refuse. Et encores que sesgrains soient beaux , bien nets , et biennourris , si est-ce que tous-jours ne sendoit-il servir pour semer -, ains sen doitfournir quelques-fois dailleurs, pour leprofit que la mutation a accoustumé clerapporter : selon le commun désir detoutes choses, qui se délectent en diver-sité. Ce qui notoirement se recognoist enceste action , car la terre se réjouit destrequelques-fois ensemencée dautre blé quedu sien propre ; et au contraire, se faschede la continuation des semences nées enelle-mesme, sy abatardissans à la longue,quelque bonté quaie le fonds : et ce tantplustost et plus fort, que le terroir setrouve plus humide.