SECOND LIEU
La prépa-rer } pour luifaire produi-re
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qui est celui qui plus facilement se desve-lope de la paille comme le premier né, àtelle cause se treuvant au bout de l’espi.Cela se faict comme l’on désire, si avec lefléau on escout les gerbes par le bout sansles délier en battant tout doucement lasommité des espis (33). Aucuns y allansplus singulièrement , arrachent les plusbeaux espis des gerbes, estans portées, ouen la grange ou en l’aire, et tels choisis,sont serrés à-part, puis battus comme des-sus. Ainsi la plus franche et plus fertile se-mence , se retire, pour estre employée ensaison. De ceste semence, encores par levan et crible en discernerons-nous le bond’avec le mauvais qui y pourvoit estre :pour retenir l’un, et rejetter l’autre, à cequ’autre semence que fertile , ne soit jet-tée en terre. Chacun tient que du fromentvert, clianci , ridé et léger , provientl’yvroie , dégénérant en telle maligneplante, quand ainsi mal qualifié, seméen terre aquatique, ou que l’Iiyver estextraordinairement pluvieux. J’ai moi-mesme esgrené un espi de froment, danslequel se trouvèrent quelques grains d’y-vroie : qui me faict ne révoquer en doutele dégénérer du froment, en telle ma-ligne graine d’yvroie. Aussi c’est chosecreue de plusieurs, que de l’yvroie pro-cédée du froment, semée en bonne sai-son, provient quelques-fois du froment debelle monstre : mais retenant du naturelde l’yvroie , il rapporte la malice d’icelleau pain qui en est faict, causant mal deteste à ceux qui en mangent : en outre ,que ce froment semé , produit de l’yvroieet non du froment (34).
A la recerche de la bonne semence seraajoustée l’eau , dans laquelle, pour laperfection cl’espreuve, le blé prest à estre
mis en terre , sera jetté et trempé , du-quel la plus saine partie , comme la pluspésante, tumbera au fonds : l’autre etinfertile, pour sa légèreté , nagera audessus , d’où elle sera dès aussi tost re-cueillie avec une cueiller percée , pourestre donnée à manger à la poulaille ,ou envoyée moudre pour le pain du mes-nage. La bonne, estant un peu séchée,jusques à ce qu’elle ne tienne plus auxmains, ce qui se faict en la remuant et es-ventant, ainsi humide sera semée : dontelle poussera de terre hastivement et évi-tant par là, le danger d’estre rongée auchamp par les bestioles sousterraines $ etde s’y estouffer, en attendant le tempspropre à la faire naistre , qui souventtarde beaucoup. Que ceci ne vous semblene trop curieux ne trop pénible, pourvous destourner d’un si profitable mes-nage. Deux cuvettes de pareille gran- jibondam-
-, ° ,i i / î) ment, et
aeur aures , chacune accommodée d unrobinet en bas , pour vuider l’eau aprèsen avoir osté le blé léger nageant surl’eau , en escumant. L’une sera lous-jours pleine, et l’autre vuide : l’eau deceste-là, sera mise sur ceste-ci, et le bonblé estant à sec, prins et mis esventersur des linceuls, et de là dans des sacsporté au champ : ainsi alternativementservans ces deux cuvettes, avec beaucoupd’utile aisance. Et cela , sans perte detemps se faict la matinée, lors que les la-boureurs et le bestail disnent, s’appres-tans pour leur ouvrage. Ceste observa-tion est nécessaire. De semer plustostle blé nouveau, que le vieil, pour tous-jours le plus récent, estre le plus fertil ;et au contraire, le rance impropre à fruc-tifier , voire ne faut faire nul estât, poursemence, du blé de deux ans, peu de ce-