Band 
Tome I.
Seite
133
JPEG-Download
 

DU THEATRE DAGRICULTURE.

i33

lui dun ; ains convient préférer à toutautre, le cueilli la mesme année quonle sème. Voici un autre artifice pour faireprofiter plus que de lordinaire la semencejettée en terre ; dont lintention est dau-tant plus subtile , que la preuve la au-tliorisée. Le blé destiné pour semence,soit froment, seigle ou orge, sera mistremper durant vingt-quatre heur es dansleau engraissée avec le meilleur fumierque pourrés treuver : et la façon de len-graisser est telle. Ayés un grand cuvier, etdicelui remplissés environ les deux tiers ,de ce fumier-; en-après achevés de rem-plir vostre cuvier, deau de rivière, la-quelle y laisserés séjourner environ deuxjours ; et puis en tirerés le fumier , quipar ce moyen , aura laissé toute sa forceet vertu dans ceste eau ainsi engraissée,pour la communiquer à la semence quemettrés tremper dans icelle, mais fautobserver, que sortant de ceste eau la se-mence qui y aura esté mise, la faut fairesécher à lombre; et dès aussi tost que serasèche, la semer, sans attendre que par tropse dessécher elle perde sa vertu nouvelle-ment receue. Par ce moyen, la semenceainsi préparée , rendra avec esbaliisse-ment dix-huict ou vingt pour un. Si enl'année s ui vante désirés avoir sur le mesm eblé , une telle multiplication, vous faudrapratiquer ce mesme remède, car cestevertu du fumier ne sétend plus loin quedune année (35).

Les mesures des terres nestans par toutsemblables, ni les propriétés des terroirsgénéralement dune sorte, font quon nepeut j ustement ordonner, ne de la se-mence, ne du temps quon a à employerau remplage et à la culture de chacun ar-pent de terre. Seulement le laboureur sera

AV la se-mence ni lelabour t nese peuventjustementprescrire.

averti de ne donner tant de semence à laterre maigre, quà la grasse : pour lafoi-blesse de ceste- ne souffrir tant de chargeque la force de ceste-ci.Toutes-fois contrelopinion daucuns qui veulentle contraire,fondés en ce que la terre grasse, pour safertilité, faict abondamment troncher ouclosser les grains , cest à dire, quungrain y faict plusieurs espis, et pourtant leblé y devoir estre semé clairement : au re-bours de la maigre , à laquelle le blé nefaict autre chose que naistre sans closserne multiplier, et que nestant chargée debeaucoup de blé , elle se treuveroit tropclaire semée, joinct que tous-jours, enquelque endroit que ce soit, quelque por-tion de semence se perd dans terre. Cesdeux contraires avis ont esté ancienne-ment soustenus par Columelle et Pline }la décision desquels appartenant à toutmesnager , fera que la patience duncouple dannées, le résoudra de ce doute,pour y prendre avis, selon le naturel deson aer et de sa terre (36). On est par-toutdaccord , que plus de blé convient don-ner à la terre, que plus chargée darbres,et plus aquatique elle est, et que plus tardse font les semences : parce que les om-brages , les eaux , et les prochaines froi-dures de lhy ver, en font tous-jours perdrequelque peu, contre lesquelles tempestes,résistent aucunement les semences estansfortifiées de la bonasse de lautomne , àquoi est requis prendre garde. Touchantle temps, ce sera le moins quon y pourraemployer, en allant à ceste œuvre (laplus remarquable du labourage), avec ex-trême diligence, tant pour le naturel delœuvre, tous-jours plus profitable, avan-cée que retardée, que pour donner tempsà nos laboureurs, de continuer leur charge