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Tome I.
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SECOND LIEU

Uutilitè dela herce , quiest ou rem-porte t

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dusocpasse, un seul grain de blé ne reste,ains ès costés tous sassemblent par lesaureilles ou les escus du soc, qui en con-fusion les y entassent les uns sur les autres,causant que la moindre partie de la se-mence vient à bien , qui est celle quise rencontre commodément couverte deterre , quon void pousser la première ,paroissant à la creste et ès costés du rayon,selon le chemin du soc. Et si bien se treuvedu blé parcreu au fonds du rayon, cestparlebénéfice du tempérament des tempset fertilités de la terre ; faisant troncher,closser et multiplier à la longue ce peude grains qui sy treuvent nais ; se dissi-pant le reste, comme si de-propos-déli-béré on le jettoit dans la rivière , à nostreintérest et deshonneur de nos terres. Cou-vrant les semences à la herce, est remé-dié à ce défaut, entant que lart a du pou-voir , parce quesgalement les blés sontespars sur terre , comme a esté monstré ,laissant les évènemens à Dieu , qui donnele naistre et laccroissement de touteschoses. Par tout lon se peut pourvoir debonnes semences , mais non par tout seservir de la herce, pour les diverses qua-lités et situations des terroirs. le fondsnest pierreux, ne trop pendant, la hercejouera à plaisir : auquel cas servés-vousen, sans mettre en considération les cous-tumes , dautant quà meilleure occasionne les sçauriés rompre : mais ne sy ac-commodant le lieu , force vous sera defaire vos semences au soc. Et à ce quecela soit à moins de perte , en adoucis-sant le naturel du soc, que des deux der-nières oeuvres, que baillerés à vostreterre, lune peu devant, et lautre incon-tinent après le semer, les lignes soyentprès-à-près lune de lautre , pour apla-

nir tant quon pourra le plan général dela terre, en imitant louvrage de la herce,afin despandre dessus uniment la se-mence : ce qui se pourra faire assés bien ;pource quil ny a beaucoup denfonce-mens ni rehaussemens en la terre ainsimaniée. Quant au couvrir , ce sera au la-boureur de limiter cela, donnant à sonsoc autant de terre quil voudra , peu ouprou, et selon la mesure dont il sera ré-solu charger sa semence : mais de réfor-mer le vice du soc en ce qui est demmon-celer la semence ès costés, ny a aucunremède. Pour laquelle cause, à ceste ac-tion demeure la herce , le plus propre detous instrumens, faisant naistre et leverla semence esgalement, et sortir de terrecomme herbes de jardinages et prairies :chose très-belle à loeil, ainsi quavec plai-sir cela se remarque en lIsle-de-France,vers Sainct-Denys et ailleurs. Cest pour-quoi raisonnablement on se peut esbahirde voir la herce rejettée de beaucoupdendroits , esquels commodément ellepourroit servir, seulement retenue en peude contrées, erreur des plus apparentesen lagriculture. Encore que le fonds nesoit entièrement deschargé de toutes sortesde pierres , la herce ne laissera pourtantde jouer, jentens la roulante, qui facile-ment passera par dessus les menues pier-res, nexcédans la grosseur dune noix, ceque la rempantene pourroit faire, par soncours estre en trainant et arrachant (46).Et quelle que soit des deux herces, outrelutilité susdicte, ce remarquable servicesy treuve , que de mener six fois plus deterre que le soc, très-opportun en tellepressée saison de semences ; en laquelleles heures et momens se comptent, pouravec diligence expédier la besongne.

Ou roulante.