DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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de leur fin et le terme estre venu de quit-ter telles semences d’hyver, pour le dan-ger , ou d’estre tuées par les froidures ,ou de peu profiter. Et parce que tel avan-cement d’oeuvre despend du suffisantnombre de bestes de labour, comme aesté dict, et qu’il peut escbeoir qu’autantde difficulté y aura-il d’entreuverà louer,comme d’en entretenir abondamment lelong de l’année, par estre le temps dessemailles fort empressé chacun voulantfaire ses besongnes en telle saison : unmoyen a esté inventé pour satisfaire àtelle nécessité, non toutes-lois communi-cable à tous laboureurs , ains seulementpropre à ceux qui cultivent la terre avecautres bestes que beufs , comme chevaux,mules et semblables. C’est, que bien qu’aucours du labourage deux de telles bestes ,ou davantage, soient mises au coutre,en ceste affaire des semences une seule ysuffit, tirant gaiement le soc ou la herce,avec une sorte d’araire que les Proven-ceaux, Dauphinois , et ceux de Langue-doc appellent ,fourquat, si bien accom-modé qu’avec icelui vous faictes ce que dé-sirés. Pourveu que, comme de raison laterre par bonne conduite , soit devenuesouple et déliée : en laquelle non seule-ment un bon cheval, mulet ou mulepourra faire gaiement tel service , ainsaussi le plus meschant asne qu’on y vou-dra employer. D’autant qu’en ceste ac-tion , n’est besoin de rompre ne profon-der la terre avec force , mais seulementde l’escarter comme en se jouant, pouren couvrir la semence. Par-là aura-oncliés soi tout ce qu’on pourroit désirer encest endroit, doublant ou triplant parcest artifice, les bestes du labourage avecgrande espargne.
Théâtre d’Agriculture } Tome I.
C’est l’ordre qu’il convient tenir pourbien loger les blés hy vernaux , et les fa-çons qui raisonnablement leur peuventestre données : sous lequel aussi, les prin-tanniers veulent estre gouvernés. Carautre culture que la précédente, ne de-mandent-ils, excepté du temps de leurs en-semencemens, ayans leur particulière sai-son d’estre mis en terre , selon leurs es-pèces. Obmettant à dessein, tant d’autresornemens, ageancemens , et mignardisesqu’aucuns y font, ou pour le moins es-crivent, comme choses superflues , parestre hors cela le mesnager assés embe-songné à la conduite de ses terres, sansse soucier d’autre curiosité, que de suivreles avis sus-escrits : comme de passer laterre par un crible de fer d’archail, pourla rendre déliée 5 la rasteller de sillon ensillon avec des rateaux ferrés , afin del’emmenuiser et ensouplir : et pour fairefructifier les semences, les tremper enjus de jombarbe, ou en eau nitrée, ouautres liqueurs , selon l’enseignementd’aucuns $ laissant telles subtilités pour lesgentillesses des jardinages , servans auseul plaisir et passe temps, si toutes-foistelles choses sont jugées raisonnables etdevoir estre employées en aucun endroit.Sur-tout, se donnera-on bien garde d’ex-céder en despences superflues au mani-ment de la terre , de peur que le troppréjudicie au laboureur, par se treuverau bout du négoce , plus de mise que derecepte. Mais il y faut aller retenu , à cequ’avec la nécessaire despence et raison-nable espargne , on oeuvre en cest en-droit : et que finalement on puisse mois-sonner avec réjouissance , voyant les blésrembourcer largement les frais de cemesnage.
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