SECOND LIEU
154
puisse jouer par tout le contenu d’icelle.sw «- L’arrousement des blés n’est tant com-ro«,*r ht m un ni necessaire, comme quelques-ioisin, cm- u til e . Pour la disette des eaux ce mesnaee
trient vyfaut
cmdmrr. n ’est beaucoup recercheable, joincte l’opi-nion que la plus-part des laboureurs ont,qu’estans meurs les blés devant les grandessécheresses, n’ontbesoin d’estre arrousés.Mais on void plus souvent qu’il ne seroità desirer , les blés périr de sécheresse :non tant seulement pour n’avoir eu lespluies telles , ni en saison convenable,que pour les extrêmes vents du mois deMai. Par le bénéfice de l’eau est aucune-ment pourveu à tels défauts, et se pourradire heureux le mesnager, s’il est accom-modé de fertiles eaux , pour en nécessitéles faire couler par ses champs. Donquesne mesprisant l’excellence d’une tellemanne, disposera ses terres à la recevoir :afin que l’eau allant par tous les endroitsd’icelles, les rende d’autant plus fertiles,que les prairies d’abbruvage surpassentles sèches en rapport. Il a esté ci-devantfaict mention de la prodigieuse fertilitéde la terre de Tapace , venant en partiede l’arrousement d’une excellente fon-taine. En outre, Pline dict ailleurs, qu’auterroir de Sulmone et Fabiano, en laBruzze , les vignes et terres-à-grains sontarrousées avec grand fruict : non toutes-fois tel pour le vin, qui à telle occasion ycroist rude, quoi qu’en abondance, quepour les blés qui y profitent merveilleu-sement , par la grande nourriture qu’ilstirent de l’eau: laquelle tuant les malignesherbes , en descharge la terre, dont lasubstance reste toute pour les blés. Aussien la terre de Babylone les blés estoientanciennement arrousés avec grand rap-port. Les avoines, millets, fèves et pois,
sont les grains qui plus désirent l’eau : auxautres n’en sera donné qu’en grande sé-cheresse, et en la distribution faut alleravec modestie. A cela l’on accommoderales aqueducts par petits fossés, selon lelieu, afin que l’eau puisse découler dou-cement sans courir que bien peu, de peurd’escorcher le blé, et à ce qu’elle ne lepourrisse y croupissant, en puisse vuidercomme l’on voudra. Ainsi le père-de-fa-mille garentira ses blés de la sécheresse,nonobstant la rigueur de la saison ,moyennant aussi la faveur du ciel. Ences arrousemens la présence continuelled’un homme est nécessaire, pour tous-jours accompagner l’eau : l’ostant desblés autant de fois qu’il se retirera duchamp , de peur qu’en son absence n’ymésadvienne ; ou ce seroit que pour laplanure du fonds , elle y puisse estre lais-sée pour quelques heures seulement, sanspouvoir sortir de ses limites.
CHAPITRE VI.
Les Moissons } ensemble le recueillirdes Blés et Pailles selon les diversesfaçons des Provinces .
L a fin de la culture des terres-à-grains ,est la moisson : récompense attendue etdigne du travail du laboureur. Joyeuse-ment donques le père-de-famille, mettrala dernière main à sa terre, pour en tirerle rapport selon la bénédiction de Dieu ,faisant mestiver ou moissonner ses blésavec diligence : laquelle d’autant plusgrande est requise, que plus apparent estle danger de perte, par négligence, quand