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Tome I.
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DU THEATRE DAGRICULTURE.

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Aïaturitédes blés.

inopinément les vents impétueux , pluiesviolentes , et autres tempestueux orages,surviennent sur la maturité des blés dontsouvent ils sont jettés et renversés parterre avec très-grand desgast. Il aura delongue-main faict ses provisions pour tellefatigue, de deniers , de vivres , dou-vriers, doutils ; aura aussi réaccommodéses granges et greniers , à ce que rien nedéfaille à faute de prévoyance. Les outilsseront, f aucilles bien tren chantes et autresinstrumens receus ès endroits lon est ;sans samuser den recercher curieuse-ment ne de lantiquité, ne dinventionnouvelle , daucune façon inusitée. Lamaturité des blés se cognoist aisément àla couleur , qui est jaune ou blonde, etquand les grains sont affermis , non en-cores du tout endurcis. Cest lors le vraipoinct de les coupper ; à quoi saccordentles Anciens et les modernes , avec cestecommune raison, que les prenans un peuverdelets et non extrêmement meurs ,sachèvent de meurir et préparer engerbe, et nest-on en danger den perdrebeaucoup en moissonnant et charriant,comme lon feroit les prenans par tropmeurs et desséchés : dont grande quan-tité de grains sescoulans sortent de les-pi, allans à terre sans en pouvoir estrerecueillis. Par ceste raison vaut beaucoupmieux savancer de deux ou trois jours ,que de retarder aucunementj joinct que leblé pourtant nen descheoit nullement decouleur , laquelle il sacquiert bonne etcm.ppeTl, belle , se confissant un peu en gerbe. Leiu d e uini p]é quaurés destiné pour semence , neseracouppé quen parfaicte maturité, es-tant nécessaire, pour le faire bien fructi-fier , de le laisser meurir en perfection ,sans avoir esgard au deschet qui pourra

pour se-mence.

estre, en attendant cela. De choisir lepoinct de la lune et les heures du jourpour la couppe des blés, comme aucunsont commandé, est chose impossible ,bien-que cela fut à désirer (la vieille-lune et les matinées et vesprées, pourtelle action, estans à préférer à tout autretemps (5i)): car les blés ne vous donnentce loisir- , dattendre ni délayer aucu-nement : pour savancer dheure à autre ,despuis quils ont prins le vol de se meu-rir ; voire se bruslent-ils presque de mo-ment à autre , par la véhémente chaleurdu soleil. Parquoi à moissonner employe-ra-on toutes les minutes du jour , mons-trans par diligence combien nous chéris-sons ceste précieuse manne que le blé ,laquelle pour nostre nourriture Dieu nousdonne tant libéralement. Aussi par ex-cellence telle saison est du vulgaire ap-pellée, le temps des besongnesj commevoulant dire toutes autres oeuvres de laterre, nestre que préparatifs pour ceste-ci, ou ses accessoires. Et de peur que dugrain nen chée par trop en terre en letransportant, comme tous-jours quelqueportion sen perd, pour doucement quonle manie, le blé couppé et lié , sera laissésur terre, jusques au lendemain grandmatin, pour lors avant que le soleil frappe i ^ ua "* e,-fort, les gerbes estre enlevées etaccumu- champ umlées en petits monceaux, chacun dune ou "^1 <de deux charretées , ou de sept à huict srmn'charges de mulet. Lesquelles gerbes , paravoir esté quelque peu humectées des ro-zées et frescheur de la nuict, pourra-onmanier sans crainte den faire couler ouglisser le blé , laccompagnant telle hu-meur , toute la journée , dont commodé-ment il sera charrié en la grange , ou enlaire,selon lusage du pays. Sil escheoit

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