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SECOND LIEU
commet qu’on soit contraint coupper partie de
gouverner le y , ; A A .
bu qu'on nt ble non-encores meur (comme cela avient
contraint -, ,, , il** '
coupper quelques-iois de celui qui se treuve es om-
7urhè >ama ' brages , sous les arbres, près des mu-railles ou ailleurs : ou bien que la com-modité d’ouvriers presse , craignant d’enavoir faute par-après), le moyen de ce faireavec utilité, est, qu’estant ce blé-là couppéet lié, dès-aussi-tost dix ou douze gerbestoutes verdes seront entassées l’iine surl’autre, pour ainsi demeurer tout le jour,et icelui passé seront escartées et misesdebout en esparpillant les espis ; afin deleur faire recevoir les rozées de la nuict.Le matin revenu , seront re-amoncelléescomme devant, de peur que le soleil neles pénètre : et ainsi continuera-on deuxou trois jours de suite , au bout desquelspar l’humeur ainsi enserrée , les gerbess’eschaufîèront, et cela les fera meurir,pourveu que l’on les expose au soleil pourles y faire sécher en perfection.
Pour la nécessaire et prompte expédi-
Providence
céleste sur les tiondesmoissons, convient avoir nombresuffisant de couppeurs , autrement lesblés se retarderoient avec grand deschet,comme a esté dict. Mais d’autant qu’èsquartiers esquels est l’abondance des blés,les seuls habitans des lieuxn’en pourroientvenir à bout ; Dieu , souverain mesnager,par sa providence a pourveu à ce défaut,en faisant descendre des montaignes etlieux froids , aux plaines et pays chauds ,nombre infini de peuple pour moissonnerles blés : qui à poinct-nommé, sans autreavis que du temps, comme par inspira-tion divine , se rendent opportunémentès endroits esquels leur service est requis :d’où , après les moissons s’en retournansen leurs maisons, par-tout où ils repas-sent, treuvent de la besongne. D’autant
que marchans de pays chaud en froid, icise meurissent les blés de jour à autre , àmesure que la saison s’eschauffe. Par cemoyen , avec de l’argent on treuve desgens extraordinaires , et à volonté , partous les endroits où Dieu a ordonné l’ac-croissement du blé : et ces pauvres genslà, hommes, femmes et enfansjà gran-delets, gaignent leur vie et de l’argentpour leur subvention en liyver, n’ayansaussi lors chés eux besongne à suffisancepour les entretenir. Ainsi Dieu , pèrecommun du genre humain , pourvoid àla nourriture de tous ses enfans, selonles diverses vocations qu’il leur a don-nées.
En la culture de la terre, la prenant Diversités
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despuis le premier dettnchement jusque s „„„ rtau serrer des blés dans le grenier , ne sevoid que diversité d’avis , comme a estédict ; seulement estans d’accord ensembleses laboureurs , en ce poinct, que d’en ti-rer les blés pour nostre nourriture. Prin-cipalement , c’est au recueillir où plus onremarque de contrariété entre les mesna-gers : provenante telle dernière division,non tant du divers naturel des hommes ,que de la propriété des climats , impo-sant nécessité à ceste action. En paysfroid, les fruicts ne sont si tost meurs ,qu’en chaud , d’où avient qu’ès partiesseptentrionales, plus froides que chaudes,les blés ne sont couppés qu’en Aoust; du-quel mois , à telle cause , la cueillete enporte le nom , de lui, en tels endroitsdite l’A oust : comme les semences duprintemps sont appellées, les-Mars , dece mois-là auquel pour tous délais , ellessont jettées en terre, ainsi qu’a esté dict.
Telle tardiveté aussi a causé l’inventionde serrer les blés à couvert, pour là sans