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Tome I.
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SECOND LIEU

large par bas, pour en affermir le fonds.Ainsi sera laire trois ou quatre fois arrou-sée et battue , dont elle se rendra solideet unie pour très-bien servir. Les Anciensont bien ordonné dautres mystères à lafaçon de laire , comme dy mettre de lalie dhuile dolive, du sang de beuf etautres drogueries , dont toutes-fois lesmesnagers daujour-dhuine se soucient,se contentans de la susdicte simplicité ,pour faire une bonne aire.

L'aire dur, Ceste préparation daire est commune

wtjîàZï- pour les couvertes et descouvertes, toutes-ccuven. f 0 i s ceste-ci nest tant durable que ceste-, par se conserver mieux et plus lon-guement dans la grange, quexposée àlaer à la campagne. Parquoi chacun an àla veille de la récolte , sera de nouveauarrousée celle qui est à la merci du temps ,avec de leau sus-mentionnée, et battue,en y adjoustant de largille y en aurabesoin , pour en réparer les ruines , ettout dune main en oster les herbes etautres empeschemens qui sy treuveront.M ais si on se veut exempter de telle peine,et se faire laire de perpétuelle durée, enfaudra convertir le parterre en pré com-mun , dont lherbe couppée fort rès deterre, quand lon y veut reposer les gerbes,les reçoit commodément pour y estre bat-tues et foulées : sans deschet sy ra-masse le blé autant nettement quil estpossible sans estre nullement empoudré :dautant que la motte tenant ferme , nesouffre la terre seslever. iera si- Laire de la campagne sera sise prèstuée Vau* de ^ es estableries et greniers à fourrage,g ne,et cm- pour la commodité du serrer des pailleset de ne les transporter loin. On la faictgrande et spacieuse, pour à laise sy ma-nier : on la ferme de quelque légère pal-

lissade , afin de nempescher le passagedes vents, qui est grandement nécessaire,et à ceste cause il doit estre libre pour van-ner ou venter le blé : servant la cloison àengarder quaucun bestail y entre , cartous-jours est-il dommageable et fort nui-sible , bien que le blé ny soit, sur tousles pourceaux en temps pluvieux ou hu-mide avec le groin y fouissans le fonds.Deux portes seront faictes à laire , op-posite lune à lautre pour commodémenty charrier le blé des deux costés, les-quelles lon fermera et ouvrira selon lebesoin. A lun des bouts sera bastie uneloge , pour y serrer à couvert les outilsdu négoce, les vivres des ouvriers et eux-mesmes sy retraire à lombre quand ilsvoudront. Si le lieu le permet, laire serarelevée sur un terrain, comme en platte-forme, environnée dune muraille , nex-cédant le plan, pour retenir, la terre deverser en hors. Ainsi sera laire bien es-ventée, bien fermée sans autre cloison,et de mesme sèche pour vuider leau de lapluie , si bien quaucune nuisible humi-dité ny arrestera, observation nécessaire.

Cest de lordonnance desNations, fon-dée sur la raison, que lusage de ces deuxdivers moyens à recueillir les blés ; dontpar toute la terre habitable lon se sert,diversement toutes-fois , selon les situa-tions , comme a esté dict. A quoi nous te-nans, tascherons de travailler en cest en-droit si dextrement et diligemment, sansaltérer nos accoustumances, que puissionsatteindre au but de bon mesnage. Etcomme ès choses de ce monde ny a com-modité , qui ne soit suivie de son con-traire : ainsi remarque-on en chacune deces deux façons de mesnage, du bien etdu mal : plus pour sçavoir comme le