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Tome I.
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DU THÉÂTRE DAGRICULTURE.

monde se gouverne, que pour espérer dyapporter réformation.

commodi- Ceux qui battent le blé sous les couver-tures, sont fort soulagés au temps de lamoisson ; quand ces deux fatigues, coup-per et battre , ne sassemblent en une,dont la seule donne de la besongne à suf-fisance. Mais que pouvans estre divisées,le coupper, et le serrer des gerbes dansla grange, est seulement ce ils sontcontraints semployer alors ; mesnage quise faict à laise et à peu de fiais. Aussisaccompte à commodité , de ce que lesblés et pailles ne sont en danger destremouillés en campagne par les pluies dontle mesnager est descbargé de grand pen-sement. Quà loisir , en tout temps ,chaud, froid, humide; aux courts et longsjours ; à toutes heures, de nuict, de jouron peut travailler à escourre les grains, yemployans les serviteurs , quand ils nepeuvent ouvrer ès champs.

Incommo- Au contraire, on peut dire que de telle>rTk commodité procède ceste incommodité ,dmuiapan. q Uan( j p ar telle longueur ne peut le père-de-fàmille serrer ses blés sous la clef toutà la fois : ains quil est contraint les lais-ser dans la grange presques durant toutelannée , exposés à la merci des fermierset de toute autre sorte de mercenaires ,qui ne sont tous-jours loyaux ; dont senperd de jour à autre quelque partie, soitou pour ce quon en desrobe de faict, oupour ce quon en donne des gerbes au bes-tail mal-à-propos , pour laisance quaj>-porte telle longueur. A quoi faut ajouster,que battant le blé , peu à la fois , à me-sure du besoin , ne peut-il sçavoir quebien tard , voire jusques au bout de lan-née , combien ses terres lui auront rap-porté : et cela encores avec rompement

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de teste, pour la difficulté den tenircompte en petites parties, avec hazardderreur de calcul : que cela mesme luioste le moyen de commodément partagerses grains avec son fermier , et den fairevente en gros que presques sur la fin delannée.

Ceux qui habitent plus j)rès du midiconvertissent ces défauts en commodités,lesquelles ils treuvent dautant plus gran-des , que plus-tost ils mettent fin à leurrécolte. Par le fouler promptement sex-pédie ceste oeuvre : car pour mettre dansle grenier cent ou sixvingts charges de bonblé, il ne faut que trente-deux bestes du-rant un jour ; soient chevaux , juments ,mulets ou mules , qui font, parlans entermes de lart, deux rodes ; chacunede liuict liens, et chaque lien, de deuxbestes ; avec vingt hommes pour les con-duire et pour manier la fourche, avec la-quelle ils tournent et revirent plusieursfois la paille et le grain : et les deux jourssuivans, seulement six hommes pour ache-ver; car moyennant que le temps setreuve propre , eschauffe le premier jouret les deux autres esventés , comme sac-corde souvent, on ne faudra à cela. Surquoi nostre mesnager faisant son compte,treuvera quil serre telle quantité de blé àbon marché, puis que trente deux jour-nées dhommes , et autant de bestes y sa-tisfont. Et si bien il y a de la despence entelle hastive négoce, comme il faut con-fesser y estre grande, tant au payementdes ouvriers, qui gaignentplus alors quenautre saison, et ausquels convient fairefaire bonne chère pour le naturel delœuvre : si nexcède-elle toutes-fois celledu battre à loisir , laquelle, tout biencompté , nest moindre. Joinct que pour

Grandavancementd'œuvre parle fouler deblèi en l'aire.