SECOND LIEU
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telle promptitude le père-de-lamille à cecontentement, que n’estant longuementattaché après ses gens en la récolte, serretost ses grains en lieu asseuré, pour, sanslaisser rien arrière de telle négoce, va-u gmin q uer p U i s après en autres afïaires. QuantS r.rb*. à la valeur du blé, encores qu’ès pays mé-ridionaux , par le bénéfice du climat, laterre le produise bon et bien cuit, si est cequ’il devient meilleur par le garder quel-ques mois en gerbe, s’achevant là de pré-parer en perfection , s’acquérant cestequalité tant requise, pour estre excellenten beauté et substance. Ce que par acci-dent quelques miens cognoissans ont ap-prins , quand contraints par la peste delaisser leurs blés en gerbe jusques au moisde Mars, lors foulés et recueillis , lestrouvèrent très - bien nourris , voire en-grossis , et par conséquent sans deschet,nonobstant la longueur de la garde , etqu’ils eussent demeuré tout l’hyver encampagne, exposés aux pluies , vents etglaces de la saison, entassés en gerbiers.Qui avec raison me faict dire , que si l’u-sage de serrer les blés en gerbe sous cou-vertures , pour là à la longue les batreou fouler, estoit commun à toutes les pro-vinces de ce royaume , que les méridio-nales le gaigneroient sur les septentrio-nales , veu le bénéfice de leur ciel. Ainsi,l’artifice de garder le blé en gerbe sup-pléant au défaut du soleil, donne au blédu pays froid , autant de bonté qu’il estrequis pour atteindre celle des meilleursblés qui se recueillent ès endroits chauds.Comme évidemment appert par - le painqu’on mange en l’isle de France : mesmepar celui qui se faict à Gonesse , que de làl’on porte àParis, ne cédant en rien au pluspxquis du Languedoc . C’est en somme en
la paille où les septentrionaux le gaignent, Condmion.estant là battue à couvert, hors du dan-ger de la pluie , petit-à-petit, à mesurequ’on s’en veut servir, meilleure que lafoulée ; l’une ressemblant toute nouvelleparle fléau, lui ostant la mauvaise odeur,d’humidité , et de rats, qu’elle pourroitavoir acquise durant le long séjour en lagrange : et l’autre pour s’atterrir au boutde quelque temps, par estre trop rompueau trépis des bestes. Néantmoins il y aplusieurs mesnagers ès lieux où le seulbattre est en usage , qui ne donnent àmanger à leur bestail aucune paille es-cousse , que premièrement ils ne l’ayentfroissée entre les mains , ou à coups debaston sur un banc, une poignée aprèsl’autre , l’estimans par trop roide et duredemeurant entière.
Diversement aussi garde-on la paille la c ’" r i f l ‘ d ”par les Provinces. L’on ne se donne enFrance grande peine à cela , la paille yestant employée au partir du fléau touteffesche : mais avenant d’en faire garde dequelque quantité , c’est à couvert hors dudanger des pluies , et non ailleurs : enLanguedoc et voisinage , et à couvert età descouvert. Ceux qui n’y sont accom-modés de greniers à fourrage ( qu’ils ap-pellent grange) àl’imitationdes gerbiers,entassent leurs pailles enpailliers, ronds,barlongs , et d’autre figure à fantasie ,qui ainsi serrées, exposées à l’aer, s’yconservent autant longuement qu’on dé-sire : et plus sainement que dans les bas-timens , attendu que l’aer et les vents lespréservent des rats, et de s’acquérir au-cune mauvaise senteur, à l’utilité du bes-tail qui s’en nourrit, la treuvant meil-leure , que celle qui est gardée dans lesgranges , ceste-ci estant tourmentée des
rats,